ACTE IV, SCENE IV. 34t
LA REIlfE-MÈRE.
De cet ambitieux nous blâmons Vinsolence ; Mais son orgueil demain gardera le silence. Vous n'aurez point formé des souhaits superflus ; Et de vos ennemis vous ne vous plaindrez plus.
Sire j excusez encor ma sombre défiance , Ce fruit amer de l'âge et de l'expérience : Que votre cœur m'écoute. Il semble que ma voix Se iait entendre à vous pour la dernière fois. Le trône où vous régnez est entouré de pièges , De guerriers corrupteurs , de prêtres sacrilèges. O mon roi ! pensez-y ; profitez des instans : Hélas ! demain peut-être il ne sera plus tems.
LE CARDINAL
C'est ainsi qu'à la haine un guerrier s'abandonne ! Un pontife outragé le plaint et lui pardonne.
l'amiral.
Qui? vous me plaindre ! O ciel ! vous , m'oser pardonner ! Un tel excès d'injure a de quoi m'étonner. Quant à moi , je ne puis vous pardonner vos crimes. Toujours les protestans ont été vos victimes ^ C'est vous qui réclamiez, pour soumettre les cœurs, Le secours des bourreaux et des inquisiteurs; C'est vous qui menaciez du plus honteux supplice De malheureux sujets qui demandaient justice; Vous, enrichi des pleurs et du sang des Français, Comblé tout à la fois de biens et de forfaits. Sire, j'ai désiré de sauver votre empire; Mais à le renverser je vois que tout conspire. Sur une Cour perfide ouvrez enfin les yeux. Et craignez « craignez tout de ce sang odieux:
35o CHARLES IX.
Voilà les ennemis du trône et de la France. Si vous ne les chassez loin dé votre présence, Si vous ne les chargez de tout votre courroux , Ces méchans, croyez-moi, perdront VËtat et vous.