DÉDICATOIRE
soixante ans contre le Fanatisme >. Qu'est-ce qui s'est vengé ? le Fanatisme. Qu'est-ce qu'il faut écraser ? le Fanatisme. Il rampe , mais il existe encore : il écrit de plats libelles anonymes , des mandemens d'évêques contre l'Assemblée nationale, et d'infâmes journaux où tous les bons citoyens sont outragés à tant la feuille.
Ce sont ces mêmes hommes qui, pour le malheur de la France, ne sont pas tous au* delà des frontières ; ce sont eux qui ont osé porter jusqu'au pied du trône d'insolentes calomnies contre une pièce aussi morale qu'énergique. O Louis XVI , Roi plein de justice et de bonté! Vous êtes digne d'être le chef des Français ' ; mais des méchàiis veulent toujours établir un mur de séparation entre votre peuple et vous : ils cherchent à vous persuader que vous n'êtes point aimé de ce peuple. Ah! venez au théâtre de la Nation
1. Fbjez l'Hymne composé par Chénier sur la translation des cendres de Voltaire au Panthéon Français, tome III des OE livres anciennes, page 347. (Note de V Éditeur.)
2. Voyez Y E pitre au Roi, tome III des Œuvres anciennes, page 60. ( Note de l'Éditeur. )
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quand on représente Charles IX ; vous entendrez les acclamations des Français; vous verrez couler leurs larmes de tendresse; vous jouirez de l'enthousiasme que vos vertus leur inspirent ; et Tauteur patriote recueillera le plus beau fruit de son travail.
Femmes , sexe timide et sensible , fait pour être la consolation d'un sexe qui est votre appui, ne craignez point cette austère et tragique peinture des forfaits politiques. Le théâtre est d'une influence immense dans les moeurs générales* Il fut long-tems une école d'adulation, de fadeur et de libertinage : il faut en faire une école de vertu et de liberté. Les hommes n'y recevront plus de ces molles impressions qui les dénaturent; ils deviendront meilleurs et plus dignes de votre amour; ils redeviendront des hommes. Les mœurs des villes ne se modèleront plus sur les mœurs dépravées de la cour. On ne verra plus, en France, hommes et femmes, sans pudeur et même sans passions , troquer de sexe, pour ainsi dire , et se déshonorer mutuellement par cet échange monstrueux.
Pères de famille, laissez fréquenter à vos en fans ces spectacles sévères. Avec le respect
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dei» lois et de la morale , ils y puiseront le goût de notre histoire , étrangement négligée dans les collèges^ Et vous, Enfans, nation future , espérance de la patrie , et d'un siècle qui n'est pas encore , vous ne serez point les hommes des anciens préjugés et de l'ancien esclavage: l vous serez les hommes de la liberté nouvelle. C'est à vous surtout que mes écrits conviennent. Je sais qu'un philosophe , un poète , un écrivain , ne doit attendre de justice complète que lorsqu'il n'en peut plus jouir et qu'il est enseveli dans la poussière du tombeau ; mais ceux qui commencent la vie sont peu jaloux de ceux qui approchent du terme ; et , si j'existe encore dans trente années , au milieu des cla* bauderies qui m'auront suivi dès ma jeunesse, vos suffrages consoleront sans doute la vieillesse du poète national.
Nation spirituelle , industrieuse et magnanime , vous avez daigné accueillir les prémices d'un faible talent qui vous sera toujours consacré : soutenez-moi dans la carrière pénible que je veux fournir. J'ai désormais pour ennemis irréconciliables tous ceux qui devaient leur existence aux préjugés , tous ceux qui regrettent la servitude : je dois avoir pour
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amis tous ceux qui chérissent la Patrie , tous les Viéritables Français. Vous donnez lui grand exemple au monde. Le reste de Fédifice féodal va bientôt s'écrouler sous les efforts de l'auguste Assemblée qui vous représente. Votre admirable Constitution est fondée sur l'égalité. Nous verrons disparaître ces titres , ces distinctionsanti- sociales, ces différences absurdes , qu'on n'a point rougi de reconnaître entre l'homme et l'homme, entre la terre et la terre. Si la tyrannie et l'esclavage osent encore se montrer à découvert , que votre théâtre en fasse justice, et devienne en tout rival du théâtre d'Athènes. Mais c'est à vous, c'est à la Nation seule qu'il appartient de protéger les poètes citoyens qui descendront dans cette lice glorieuse pour terrasser les ennemis! de la Nation.
i5 décembre 1789.
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LA SAINT-BARTHÉLEMI
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PERSONNAGES
CHARLES IX , roi de France,
CATHERINE DE MÉDICIS, mère de Charles IX.
HENRI DE BOURBON, roi de Navarre-
Le Cardinal DE LORRAINE.
Le Duc DE GUISE.
L'Amiral DE COLIGNY.
Le Chancelier DE L'HOSPITAL.
Membres du Conseil.
Protestans , de la suite de Coligni.
Courtisans.
Pages.
Gardes.
Ia scène est dans Paris , au château du Louvi-e.
OU
LA SAINT BARTHÉLEMI
TRAGEDIE-