‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordreChapitre 94 sur 233 · COLIGNI, HENRI · texte numérisé non relu

COLIGNI, HENRI

GOLIGiri.

Ouï, j'ai quitté pour vous les bords de la Charente :

Ainsi le désira votre mère expirante.

Ses désirs sont mes lois; ses ordres sont suivis:

Par zèle et par devoir je m'attache à son fils.

Parmi les courtisans je viens sans confiance;

De leur génie affreux j'ai trop l'expérience ;

Je crains que l'avenir ne ressemble au passé.

Par un assassinat la paix a commencé;

N'importe : Coligni, défiant, mais sincère,

Va signer aujourd'hui cette paix nécessaire*

OEuvres anciennes. I. I «^

J'oublîrai mes périls pour vos félicités. Mais vous, qui sur ces bords, si long-tems attristés, Ramenez les plaisirs et la douce allégresse , Vous, mon héros... mon fils, dont l'heureuse jeunesse N'a point acquis le droit de craindre les humains, Lorsqu'un hymen brillant sourit à vos destins , Lorsque vous paraissez , dans la pompe des fêtes , Un astre bienfaisant qui calme les tempêtes , Quel chagrin, de vos jeux interrompant le cours, Vient obscurcir l'éclat répandu sur vos jours?

HEÎTRI.

11 est de ces instans où l'âme anéantie

D'un sinistre avenir paraît être avertie;

Et souvent , en effet , ces sescrètes terreurs

Des désastres prochains sont les avant-coureurs.

Je goûte des plaisirs empoisonnés d'alarmes :

Au milieu de ces jeux dont vous vantez les charmes ,

Dans l'épaisseur des nuits, au moment du repos.

Dans le lit nuptial je me peins des complots ;

I^ poison terminant les jours de votre frère ,

Et peut-être au tombeau précipitant ma mère;

Des crimes , des malheurs , et les champs odieux

Où Condé, ce grand homme, expi.. sous nos yeux;

D'un carnage étemel nos régions fumantes,

Et des princes lorrains les intrigues sanglantes;

Vos amis et les miens, victimes des traités,

Au milieu de la paix proscrits, persécutés,

Dans les murs de Vassy massacrés sans défense.

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