‹ Œuvres, tr (volume 2)Chapitre 102 sur 150 · TUAIT · texte numérisé non relu

TUAIT

pouvons kJ refuser la puissance absolue , et eouséq ment le droit absolu de faire ces choses et autres blables, car nous avons montré que les droits du 8 rain se mesurent sur sa puissance.

Si donc personne ne peut abdiquer le libre droit a de juger et de sentir par lui-même , si chacun p droit imprescriptible de la nature est le maître d pensées, n'en résulte- t-il pas qu'on ne pourra jamais \ un État essayer, sans les suites les plus déplorable: ' bliger les hommes, dont les pensées et les sentb sont si divers et même si opposés, à ne parler que formément aux prescriptions du pouvoir suprême hommes les plus habiles,, pour ne rien dire du pe savent-ils donc se taire? N'est-ce pas un défaut cor à tous les hommes de confier à autrui les desseins devraient tenir secrets? Ce sera donc un gouverne violeat que celui qui refusera aux citoyens la liberté primer et d'enseigner leurs opinions; ce sera au traire un gouvernement modéré que celui qui lei cordera cette liberté. Nous ne pouvons nier tou que le pouvoir ne puisse «être blessé aussi biei des paroles que par des actions, de sorte qu est impossible d'enlever aux citoyens toute liber parole, il y aurait un danger extrême à leur laisser liberté entière et sans réserve. Nous devons donc c miner maintenant dans quelles limites cette liberté., compromettre ni la tranquillité de l'État ni le dre souverain, peut et doit être accordée à chaque cite / ce qui était , comme je l'ai annoncé au commence du chapitre xvi, le principal objet de nos recherche De la description que nous avons donnée ci-dessi fondements de l'État, il suit avec une parfaite évi< que la fin dernière de l'État n'est pas de domine hommes, de les retenir par la crainte, de les soun à la volonté d'autrui, mais tout au contraire de pern à chacun, autant que possible, de vivre en séci c'est-à-dire de conserver intact le droit naturel qu'i

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vivre, sans dommage ni pour lui ni pour autrui. Non, dis-je , l'État n'a pas pour fin de transformer les hommes d'êtres raisonnables en animaux ou en automates, mais bien de faire en sorte que les citoyens développent en séearité leur eorps et leur esprit , fassent librement usage de leur raison, ne rivalisent point entre eux de haine, de fureur et de ruse, et ne se considèrent point d'un œil jaloux et injuste. La fin de l'État, c'est donc véritablement la liberté. Or nous avons vu que la formation d'un État n'est possible qu'à cette condition , savoir : que le pouvoir de porter des décrets soit remis aux mains du peiple entier, ou de quelques hommes, ou d'un seul homme. Le libre jugement des hommes n'ëst-il pas infiniment varié? Chacun ne croit-il pas savoir tout à lui seul? N'est-il pas impossible que tous les hommes aient les mêmes sentiments sur les mêmes choses, et parlent d'une seule bouche? Comment donc pourraient-ils vivre en paix si chacun ne faisait librement et volontairement L'abandon du droit qu'il a d'agir à son gré ? Chacun résigne donc librement et volontairement le droit d'agir, mais non le droit qu'il a de raisonner et de juger. Ainsi , quiconque veut respecter les droits du souverain ne doit jamais agir em opposition à ses décrets ; mais chacun peut penser, jager et par conséquent parler avec une liberté entière, pourvu qu'il se borne à parler et à enseigner en ne faisant appeï qu'à la raison, et qu'il n'aille pas mettre en usage la ruse , la colère , la haine , ni s'efforcer d'introduire1 de son autorité privée quelque innovation dans l'État. Par exemple , si quelque citoyen montre qu'une certaine loi répugne à la saine raison et pense qu'elle doit être pour ce motif abrogée , s'il soumet son senti- * ment au jugement thi souverain (auquel seul il appartient d'établir et d'abolir les l'ois), et si pendant ce temps il n'agit en rien contre la loi, certes il mérite bien de l'Etat, comme- le meilleur citoyen ; mais si, au contraire, il se met à accuser le magistrat d'iniquité, s'il entreprend de le rendre odieux à la multitude, ou bien si, d'un esprit se-

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