‹ Œuvres, tr (volume 2)Chapitre 41 sur 150 · LA VIE DE SPI50ZA. XXXV · texte numérisé non relu

LA VIE DE SPI50ZA. XXXV

M LA DEftSIÈHE MALADIE DE SPINOZA ET DE SA MORT.

On a fait tant de différents rapports et si peu véritables touchant k mort de Spinoza, qu'il est surprenant que des gens éclairés se wient mis en frais d'en informer le public sur des oui-dire, sans «iparavant s'être mieux instruits eux-mêmes de ce qu'ils débitaient, fa trouve un échantillon des faussetés qu'ils avancent sur ce snjet ■* le Menagiana^ imprimé à Amsterdam en 169b, où l'auteur < exprime ainsi:

« T ai oui dire que Spinoza était mort de la peur qu'il avait «ene d'être mis à la Bastille. 11 était venu en France attiré par « oeux personnes de qualité qui avaient envie de le voir. M, de •Pomponne en fut averti; et comme c'est un ministre fort lélé

• poor la religion il ne jugea pas à propos de souffrir Spinoza en «France, où il était capable de faire bien du désordre, et pour « l'en empêcher il résolut de le faire mettre à la Bastille. Spinoza, « qui en eut avis , se sauva en habit de cordelier; mais je ne ga-

■ rantis pas cette dernière circonstance. Ce qui est certain est que « bien des personnes qui l'ont vu m'ont assuré qu'il était petit,

■ jaunâtre, qu'il avait quelque chose de noir dans la physionomie, « et qu'il portait sur son visage un caractère de réprobation »

Tout ceci n'est qu'un tissu de-fables et de mensonges, car il est certain qoe Spinoza n'a été de sa vie en France; et quoique des Personnes de distinction aient tâché de l'y attirer, comme il a avoué

* ses hôtes, il les a cependant bien assurés en même temps qu'il n espérait pas d'avoir jamais assez peu de jugement pour taire une telle folie. On jugera aisément aussi par ce que je dirai ci-après qu'il n'est nullement véritable qu'il soit mort de peur. Pour cet efet je rapporterai les circonstances de sa mort sans partialité, e^ n'avancerai rien sans preuve; ce que je suis en état d'exécuter d'autant plus aisément que c'est ici à la Haye qu'il est mort m enterré. ^

Spinoza était d'une constitution très-faible, malsain, maigg.^ attaqué de phthisie depuis plus de vingt ans, ce qui l'0Dllf$e^^^ vivre de régime et à être extrêmement sobre en son boire ^ * son manger. Cependant, ni son hôte , ni ceux du logis ne crov^s ^** pas que sa fin fût si proche , même peu de temps avant que \^ ^j^1*1 le surprit, et n en avaient pas la moindre pensée; car\^ ^^r

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