‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 29 sur 101 · Voyez toute la Lettre XV à Louis Meyer · texte numérisé non relu

Voyez toute la Lettre XV à Louis Meyer

j que rÉtendue, tout infinie qu'elle est, est infiniit moins infinie que la Substance, et qu'une sphère endue, infinie en un sens par l'infinité de ses parties, infiniment moins grande que l'Étendue, qui l'est inment moins que la Substance. Pourquoi donc ne lit-il pas permis de dire qu'une moitié de l'Étendue aie est infinie en un sens, et cependant deux fois plus te que l'Étendue tout entière?

pinoza conclut que Dieu est à la fois étendu et inporel, et, à son avis, c'est justement parce qu'il est "faitement étendu qu'il est parfaitement indivisible.

De la Pensée de Dieu.

)ieu est la Pensée absolue, comme il est l'Étendue olue. La Pensée en efifet est nécessairement conçue urne infinie, puisque nous concevons fort bien qu'un 3 pensant, à mesure qu'il pense davantage, possède plus haut degré de perfection •. Or il n'y a point de ûte à ce progrès de la pensée; d'où il suit que toute asée déterminée enveloppe le concept d'une pensée inie, qui n'est plus telle ou telle pensée, c'est-à-dire le ou telle limitation, telle ou telle négation de la nsée , mais la Pensée elle-même, la Pensée toute posie, la Pensée dans sa plénitude et dans son fond. La Pensée ainsi conçue ne peut être qu'un attribut de eu. Dieu pense donc; mais il pense d'une manière gne de lui, c'est-à-dire absolue et parfaite. A ce titre, lel peut être l'objet de la Pensée? Est-ce lui-même

'* De l'Ame, Scholie de la Propos. 1 .

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et rien que lui ? est-ce à la fois lui-même et toutes choses? Ensuite quelle est la nature de cette divine pensée? A-t-elle avec la nôtre quelque analogie, ou du moios quelque ombre de ressemblance , et l'exemplaire tout parfait laisse-t-il retrouver, dans cette imparfaite copie que nous sommes, quelque trace de soi?

La réponse de Spinoza à ces hautes questions ne peut être pleinement entendue qu'à une condition : c'est d'avoir parcouru le cercle entier de sa métaphysique. Dans un système comme le sien, où Dieu et la Nature ne sont au fond qu'une seule et même existence, comprendre la nature divine considérée en elle-même et hors des choses, ce n*est pas vraiment la comprendre, c'est tout auV^s l'entrevoir.

Dieu, en tant que Dieu, si l'on peut parler de la sorte, c'estrà-dire en tant qu'absolu, c'est la Substance avec les attributs qui con$tUue&t son essence, comme la Pensée et l'Étendue. La Nature, en soi^ ce sont toutes ces choses mobiles et successives qui ^'écoulent dans l'infinité de la Durée. Mais que soBt au fond ces âmes toujours changeantes, ces eorps périssables que le mouvement forme ei détroit tour à tour? ce ne sont pas des êtres véritable», loais des modes fugitifs qui apparaisscait pour un jour sur la scène do moBide d'une manière déterminée» ei y expriment à teor façon la perfection ds l'Étendue^ la perfeelioB de la Pemée» en un mot, la perfection de l'Être.

Séparer la Nature de ûieo ou Dieu de la Natore, c'est, da^s le premier eas« séparer Tefièi de sa cause, le modB de sa suj^taoce; c'est, dans le second, séparer ht GattS0 absolue de son développement nécessaire, la substance absolue des modes qui expriment nécessairemeDi b

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peffisetiiwde ses attributs. Égale absurdité; car Dieu fi'esifite pas plus sans te Nature que la Nature sans Dieu ; ou plutôt, il a'y a qu*iiiie Nature, (Mmfiidërée tour à tour comme cau^e et eomme effet, comme Substance et ^coBime mode, eomme infinie et comme finie, et pour parler le ki^age bîjatre ntais énergique de Spinoza, coaune nêiurante et comonê natnrée, La Substance et ses attributs, lâsms Tabstraetton At leur existence solitaire, <>*eatla Niature naturante; l'Hnivers, matériel et spirituel, atetractivement séparé de sa cause immanente, c'est la Nature naturée; et toût^eia, cVst une seule Nature, une seule Substance, un seul Êtite, eb un mot. Dieu ^

Qui, tout cela est Dieu four Spinoza : non plus Dieu conçu d'uâe manière abstrstte «t par conséquent partîdfe, visés Dieu dans Texpression cotoipSète de son être , \^\k mafiifesté. Dieu tirant. Dieu infini et fini tout enatmble, Dieu tout entier.

il suit de ces principes généraux qu'aucun des attributs de Dieu, et notamment la Pensée, ne peut être embrassé eOm^étometat que tù on T^avisage tour à tour, ou mieux encore, tout ensemble, dans sa nature absoute et dans son dé¥ielo|)|>etnent nécessaire.

\xette question : ^pidièst Tobjetde la pensée dirine? ily a donc deut repenses, suivant que Ton considère la pensée divine d'eme manière abstraite irt partielle, soit en elle-même , soit dans un certdn nombre ou dans la totalité de ses développements; ou d'une manière réelle et complète, c*esW^ire à ia fois dans son essence et dans sa vie, dsms .i&on étemd foyer et dans son rayonne- B^t étemel, comme pefisée sub^aiKtielle et comme

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