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S. Ibid., p&ge 359,
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Newton. Le Yîde est une chimère absurde enfantée par l'imagination prise au déponrrv; toat est plein \ car là oià il y a de Tét^idue, et il y en a partout^ il y a aussi ies corps; que les sens les aperçoivent ou non, peu im- [)orte, c'est une question qui ne les regarde pas. Se servir, en pareil cas, de Fimaginatton, c'est, dit Spinoza, vouloir faire servir l'imagination à nous rendre déraisofmables'. Les corps sont donc de purs phénomènes, de ûmples déterminations de l'Espace pur, des manifestations fugitives d'un fond ^ui seul est durable et subsistant. Cet iavisible fond, c'est l'Étendue. L'Étendue' est d(Htc réelle camme les eorps, et infiniment plus réelle encore. RéeUe et infinie» l'Étendue manifeste Dieu, elle est Dieu même.
Reste une deroitare difficulté.
On dira qu'il est posnble de conoevoir l'Étendue comme divisée en deux parties;, et on demandera si diacune de ces pairties sera finie on infinie. Dans le premier cas, l'infini se. composera de deux parties finies, ce qui est absurde. Dans le second cas, on aura un infini double d'un autre infini, ce qui est également absurde.
Spinoza répond en niant pofîHvement que l'Étendue poisse se ooncevoir comme divisée» autrement que par un acte de l'imaginaitiop; mais par la raison, cela est i»poi^ible. L'Éteondoe est essentidlament une; elle ne ^ compose point dct piurties, pas plus qu'une ^goe géoiQétriquene se com{>ose d'un certain nombre de points : c<)A(eevQ»f l'&endM di9Îséie«. clert d^c en détruire l'es-
I* ^Dieu, Sehol. de U PropM. 15.
<• Ethique, 1, Propot. i$, SehoL
sence, c'est en contredire la notion. Mais supposons rÉtendue divisée; on demande si chaque partie sera iniinie? Oui, sans doute, mais d*une infinité appropriée à sa nature, d*uiie infinité partielle. On se récrie ei^ entendant parler d'un infini plus grand qu'un autre iniini; c'est qu'on n'a pas assez approfondi la nature de l'infini.
Il y a trois degrés dans l'infinité *. Au premier degré on doit placer ce qui est absolument infini par la yertu de son essence, c'est-à-dire ce qui est l'Infini même, Dieu. Au second degré se trouvent des infinis relatifs et déterminés, qui ne sont point infinis par la force de leur essence, mais par celle de la cause qui les produit; par exemple, la pensée et l'étendue infinies. ËnQn, il y a encore une espèce inférieure de choses infinies, celles qui ont des limites, mais dont les parties ne peuvent être égalées ni déterminées par aucun nombre, quoique l'on sache le maximum ou le minimum où ces parties sont comprises; par exemple, une ligne finie a un nombre infini de points ; une durée finie comprend une infinité d'instants. L'infini absolu n'a absolument aucune limite, aucune détermination. L'infini relatif est illimifë, mais en même temps déterminé dans son être. L'infini du troisième degré est à la fois déterminé et limité dans son être; il n'est illimité que dans ses parties.
Sans doute ce qui est absolument infini n'a aucune proportion numérique avec quoi que ce puisse être; mais il ne s'ensuit pas qu'il répugne à la nature de riU" fini pris en général, qu'un infini soit plus élevé et même plus grand qu'un autre infini. Ainsi, l'on peut fort hU^