LA RELIGION DE SPINOZA
La religion, pour Spinoza, ne se distingue pas au fond de la morale, et elle est tout entière dans ce précepte: Aimez vos semblables et Dieu.
La vie la plus raisonnable, en effet, est en même temps la plus religieuse : car que nous prescrit la raison? elle iious prescrit avant tout de conserver et d'accroître notre être. Or notre être est dans la pensée, et le principe de la pensée, c'est l'idée de Dieu. Il suit de là que la condition suprême de la vie raisonnable, c'est la coanaissance de Dieu. Mais on ne peut connaître Dieu sans l'aimer. Connaître Dieu, en effet, c'est k perfection de la pensée humaine; c'est son action la plus puissante, son développement le plus régulier, le plus riche, le plus complet. La connaissance de Dieu est donc nécessairement accompagnée de la joie la plus vive et la plus pure; et Dieu, par conséquent, source inépuisable de cette joie, doit être nécessairement pour notre âme l'objet d'un amour toujours renaissant et toujours satisfait. L'âme raisonnable, l'âme vraiment philosophique, est donc essentiellement une âme religieuse, toute à Dieu par la connaissance et par l'amour, et qui trouve à la fois dans ce divin commerce la perfection et le bonheur.
Elle y trouve aussi l'amour de ses semblables. C'est en
et une loi de notre nature que nos affections s'augentent quand elles sont partagées ', et par une suite icessaire, que notre âme fasse effort pour que les autres Des partagent ses sentiments d'amour *. Il résulte de là lie le bien que désire pour lui-même tout homme qui pra-que la vertu, il le désirera également pour les autres homles, et avec d'autant plus de force qu'il aura une plus grande mnaissance de Dieu '. L'amour de Dieu est donc à la fois e principe de la morale, de la religion et de la société. Itend à réunir tous les hommes en une seule famille et S, faire de toutes les âmes une seule âme par la communauté d'un seul amour*.
Ainsi donc, celui qui s'aime soi-même d'un amour raisonnable, aime Dieu et ses semblables, et c'est en Dieu lu'il aime ses semblables et soi-même. Voilà la véritable oi divine, inséparable de la loi naturelle, fondement de outes les institutions religieuses, original immortel dont es diverses religions ne sont que de changeantes et péissables copies *.
Cette loi, suivant Spinoza, a quatre principaux caracires « : Premièrement, elle est seule vraiment universelle, tant seule fondée sur la nature même de l'homme, en nt qu'elle est réglée par la raison. En second lieu, elle ! révèle et s'établit par elle-même, et n'a pas besoin de ippuyer sur des récits historiques et des traditions. *oisièmement, elle ne nous demande pas de cérémonies, ais des œuvres. « Quant aux actions, dit Spinoza, qui