De Dit i, Propos
INTRODUCnoK. " 187
trouve ici à sa fiiçon, d'une manière ingénieuse, quoique très-incomplète, cette grande loi d'une justice rémunératrice et vengeresse, qui est une des croyances les plus saintes du genre humain. Ce qui subsiste après la mort, c'est la raison, ce sont les idées adéquates ; tout le reste périt*. Les âmes que la raison gouverne, les âmes philosophiques, qui dès ce monde vivent en Dieu, sont donc à l'abri de la mort, ce qu'elle leur ôte n'étant d'aucun prix ^ Mais ces âmes faibles et obscurcies, où la raison jëttfeà peine quelque^ lueurs, ces âmes toutes composées en quelque Sorte de vaines images et de passions, périssent presque tout entières ; et la mort, au lieu d'être pour elles un simple accident, atteint jusqu'au fond de leur être. Spinoza tire de cette doctrine une conséquence qui serait très-belle, si d'avance, en niant le libre arbitre, il n'en eût diminué la portée : c'est qu'à mesure que nous rendons notre âme plus raisonnable et plus pure, nous augmentons nos di^its à l'immortalité, et nous nous préparons une destinée plus heureuse et plus haute.
n termine et résume toute cette théorie de l'immortalité de Fâme par ees fortes pai^oles : « Les principes que j'ai établis font voit* clairement l'excellence du sage, et sa supériorité sur l'ignorant que l'aveugle passion conduit. GelUM^i) outre qu'il est agité en mille sens divers par les edUfies extérieures, et ne possède jamais la véritable paix de l'âme, vit dûns TôUbli de soi-même et de Dieu et de toutes choses, et pour lui, ctôsser de pâtir, c'est cesser ] d'être. Au contraire j Pâme du sage peut à peine être troublée. Possédant, par une sorte de nécessité éternelle^
1. De Dieu, Schol. de la Propos. 40, î. Ibid., Piropôs. ÎS et Son Schol,
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la conscience de soi-même et de Dieu et des choses, jamais il ne cesse d'être, et la véritable paix de Fâme, il la possède pour toujours. » (Dernières lignes de YEthique.)