Ibid,, tome II, page
A. Ibid., page 33.
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oza \ même avec une explication, fut incapable de comrendre les siennes. »
Spinoza s'efforce de prouver, par l'Écriture elle-même, [ue les prophètes sont avant tout des hommes de forte magination. « Il est certain, en effet, dit-il, que Salonon excellait entre les hommes par sa sagesse , et il ne .'est pas qu'il ait eu le don de prophétie. Heman, Darda, talchol, étaient des hommes d'une profonde érudition, et cependant ils n'étaient pas prophètes, au lieu que des hommes grossiers, sans lettres, et même des femmes, comme Hagar, la servante d'Abraham, jouirent du don de prophétie. Tout ceci est parfaitement d'accord avec l'expérience et la raison ; ce sont en effet les hommes qui ont l'imagination forte qui sont les moins propres aux fonctions de l'entendement pur, et réciproquement, les hommes éminents par l'intelligence ont une puissance d'imagination plus tempérée, plus maîtresse d'ellemême, et ils ont soin de la tenir en bride, afin qu'elle ne se mêle pas avec les opérations de l'entendement'.
Du reste, Spinoza ne met pas en doute la parfaite sinîérité des révélateurs et des prophètes. Personne n'est )lus éloigné que lui d'expliquer par les calculs de la )olitique ou par les supercheries de l'imposture l'origine les religions. Quand il énumère les caractères qui disinguent les prophètes, il a soin de joindre à la force le l'imagination la pureté de l'âme et la piété ^
Mais si les prophètes n'ont d'autre supériorité sur les utres hommes qu'une vertu plus haute et une puis-