I. IV
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tîon. Voyez dans les écrits de Descartes le progrès de cefte lutte. Le Discour» de lormétAodey contient toutes les preuTes de l'existence de Dieu qui seront plus tard développées dans lès Midîtations^ mms le raisonnements 1 abstraction n'y ont presque aucune place et tout est dominé par une observation- profbnde de la conscience Immaine. Dans les Méditations^ un œil attentif découvre déji un notable changement. La démonstration géométrique, entièrement mise à part, n'a plus aucun rapport, même lointam, a\'ec la conscience et la vie réelle. Dans les Principes, l'esprit géométrique se donne pleine carrière, et on ne trouve presque plus aucune trace de l'espiit d'observation. Chose bien remarquable, Descartes, quij y reprend et y résume toutes ses preuves de rexistenœ de Dieu, place au premier rang la démonstration isi&tliématique. Ainsi, cette preuve^ qui se montre à perâe dans le Discours de là métfèode, qui dans les MKdittxtkm est reléguée au dernier rang- et introduite comme par hasard , cette preuve dévient Ik preuve fondkmentde, dont' toutes les autres paraissent-n'être que des accessoires.
En général, lés Principes nous donnent le spectade du triomphe complet de l'esprit géométrique. C'est an point que le Cogito ergo sum, fondement de la pfailbsDphie dé Descartes, y a perdu complètement son canootèrc: Ce n'est plus un fait, c'estune conclusion, Descaribs le dit en propres termes \ la conclusion d'un syllogisme dont la majeure ne peut être que celle-ci : le néant n'a pas de qualité *.
» . Principes, part. I, § 7. i. Jbid.f% 11 et 52.
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Voilà dcmc toute la fàae de la philosophie de Deeaites changée, on pour ameiuL dire, voilà tout «on sprit étouffé et dwparo. Pour établir Texiâtenee du loi, il BOSB.faatuB syllogifiine; pour établir Kesistenoe e«Eliau,de6«jrUogifime$^;.fiilfin,ipour établir TexisteDoe les corps, encore des syllogiame». Géométrie impuis* woàel stérilerentaflBement d'i^atraoticms, incapable de omar un atcHmede téi^tté, de mouirement et de vie ! •Si l'excès de itesprit fàdmétiique s'était réduit à hcaufcir des mérités trfea^aittples en ;les accablant sous i'imitiles xaisonnemeati, Je mal n'eût pas été imrépaiUe. Mais noùf (eniméme«teiiqfia foeje vois Dâscastes atMitUuer .aux lintuitiens de le oo&seience des concepts batraits et géemétiiqueft, U me semble aussi qu'il tend aaniEsatement à effacer dans tous tesfétree ce principe l'aativité qui constitue leur» essence et leur !vie.*&'est ce [ui faitrledanger de cette théoEie» assez innocente an iremier abords que la eoBservation des créatures est une création continuée.
Si iltescastes voulait /due Quellaete créateur et l'acte K)nservate]iri[ie sontenlUeu qu'un send et. môme acte, rao6ord.:l|ais-il .va plus. loin ; il semble oroiire (}u'll;y a laas tcAteciéature unecdéfiiiUance actudle del'iétne qui ippelle à ohaque instant <le,/îa^(dijvtn,. et cctteeonception ne semble bieoi jgcme et Jnea {périlknse,. isuntaut :si je riens à me demander à quoi se réduisent pomr.Descairtes a substance corporelle ^et la substance spirituelte.
Quand Descartes analyse les facultés detl'àme^entob^ ervateur, il distinguera volouté,'essentieUementactiif«, le l'entendement, qui est passif, et fait de la volonté le iége de la liberté et de la responsabilité morales. Il a jusqu'à soutenir que la volonté, loin d^être finie,
comme Tentendemeut , qui n'embrasse qu'un nombre déterminé d'objets, est en quelque sorte infinie, pouvant se porter vers un nombre d'objets sans limites. De cette disproportion entre l'entendement et la volonté natt le mauvais usage possible de celle-ci, et voilà la racine de l'erreur et de toutes nos fautes •.
Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur ces vues psychologiques, mais enfin les traits essentiels de l'âme humaine n'y sont point trop altérés. Au contraire, quand Descartes perd de vue la conscience et livre son esprit au démon de la géométrie, à la place de ce moi vivant et actif qui a conscience de son unité dans le libre déploiement de ses puissances, vient se substituer le concept de chose pensante, res cogitans, répondant trait pour trait à un autre concept sur lequel s'appuie toute la physique de Descartes, le concept de chose étendue, res extern.
Descartes enseigne que chaque substance a un attribut principal, et que celui de l'âme est la pensée, comme l'extension est celui du corps '. Et comment connaîtron ces deux sortes de substances, l'âme et le corps ? par un seul et même procédé, c'est-à-dire en déduisant la substance de la connaissance que nous avons de ses attributs : « à cause, dit-il, que l'une de nos notions communes est que le néant ne peut avoir aucuu attribut, ni propriétés ou qualités ; c'est pourquoi, lorsqu'on en rencontre quelqu'un, on a raison de conclure qu'il est l'attribut de quelque substance, et que cette substance existe ^. »
Nous voilà en pleine logique , en pleine géométrie ,