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oin 9 bien loin du monde des réalités. Rien de plus aux, de plus artijBciel et de plus contraire à toutes les lonnées de l'observation , rien aussi de plus périlleux [ue cette transformation systématique de T&me et des ;orps en deux types abstraits : la chose pensante et la ;hose étendue. Qu'est-ce en effet pour Descartes que les iorps? appelle4-il ainsi les objets des sens, les choses emibles^ comme disait l'antiquité? point du tout. Retranchant arbitrairement toutes les qualités sensibles des corps, sous prétexte qu'elles sont obscures, Qon-seulement la chaleur, la lumière et le reste, mais même la solidité, sans laquelle pourtant les corps seraient pour nous comme s'ils n'étaient pas. Descartes déclare que les seules qualités réelles de la ma-* tière, sont les qualités mathématiques, savoir retendue, la figure, la divisibilité et le mouvements Or, il n'a point de peine à ramener par l'analyse toutes ces qualités à une seule, la figure n'étant que la limite de l'étendue, le mouvement un changement de relations dans l'étendue, et la divisibilité une suite logique de cette même étendue. L'étendue est donc Vessence, toute l'essence, et pour ainsi dire tout l'être des corps*. Or l'étendue exclut toute idée de force et d'action. Voilà d(mc le monde matériel réduit, par une suite de retranchements arbitraires et par des analyses d'une rigueur ' factice, à une étendue passive, inerte, destituée de toute énergie, uniquement capable de repos et de mouvement. Ze n'est plus là l'univers , ce riche et brillant univers [ue nous montrent nos sens , plein de variété , d'activité
i. Méditation VI.
î. Principes, part. 1, § 53, 63, 64, 65,
et de Tîe ; c'est on coDcept malhânatiqœ^ une paie abstraction*.
Descartes a4-il £ûi aussi bon marché de ractivité de l'Ame homaine? heureusefliflBt non. L'^iini.dfobsittvir ticm a ici {Nrévala sur resprîftde aystème, »ei l>6soarbfiB s toujours réservé les droita de la Yolonté et dalaUbetté. Mais un autre viendra, Hioinasaisé'ei j^uengouren,^ qui, après avoir combattu la distîmtiion, |mui solide» sa effet, de Fentendement ooncu BMMWifiaâBbiderla ^rcrionM conçue comme infinie, empnniBiit dfjaillean«à;I]nsarttt sa théorie de la volonté id(tntifiée?a»eJe ij u g Hiiwnty îra*' mènera la volonié à Taltendanisni et Tcntmidemenk:! une série de pensées rpaaBives;!xminilrdéinivB7iUkni0*àli' maine : une collection deinodajyté»delafeBséa,4»mMS il A défini le corps : une collection ifarmodaliiés drl^étas^ due, et il neluirestasaplus adorsiqit^rdQanflrpour base commune à toutes ces mftdalUés^éj^émèges la subateaei unique et universelle.
C'est ici que la critique du grand réformateur de h philosophie cartésienne reprend ses droits. Oui, nous raccordons à Leibnitz, oui, Desoartes a nié toute acti* vite, toute énergie, dans le monde matériel, et par là il a mis des abstractions à la place des réalités * ; :(Mâ» Descartes a restreint et affaibli Factivité de Tàme bar maine, et par là il a incliné à effacer dans tous kfi êtres la force , sans laquelle k substance n^est phu qu'une abstraction ; oui. Descartes par cette double dtération a brisé le lien qui unit et .réconcilie dans Tattivité qui leur est commune le monde matérid et la
I . Huyghens disait à LeibniU : • Ce que Descartes appelle l'étendue, c'est ee que j'appellerais plutôt le Tide. • (Yoyes dan» les CEvwres de Leibnits, Bd. Doteos, tome I; page 44.)
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monde moral , et par là il a creusé entre Tesprit et la matière un infranchissable abtme, source trop féconde d'hypothèses hasardeuses et d'insolubles difficultés; oui enfin, 'Descartes, qtntnd fl'riipanâomie le principe essentiel de sa philosophie et la méthode originale qui la cmirtituer^ quand it}seteifl6e entraîner par Tesprit géométry^esur kt^penle de» spéculations abstraites, a pu i«ter<tes>eepvitSiBxdn«£i'daB6 eette étrange alternative^ oc'de'cwweentrer en iDieu toutirétre des créatures, ce qui mkne- droit ont n^^aticâsme » ou de réduire Dieu à iU>itractUm ded'étve en soi, ce qui ouTve la porte au pufhéfsme; makiil ne âuit piB omblierque Descartes lQifmiéme'aTait<prémiiBi'le8 esprits contre tous ces excès elqu'il nous a foucnitrinfailUble et unique moyen de les dfinriffe dans leur raciiie : c'est de restes* invariablement fiMles à -la méthode d'observation., c'est de pajrta' des dite de Bonscienceet de ne s' m, sépaner jamais. Clest ait»! qu'on peut redresser Descartes, réfuter Spinoza, et plus d'une fois aussi réformer le réformateur Leibnitz Iti^iBéme.
Cencluons que te spitiosisme, avec sa négation radicale deTexpérience, avec saTttiéorte dn moi humain réduit à rat ooUeotion d4dée8> «vec son Dieu abstrait , sans int^igemee, sans volontéy sans amour, loin.de suivre les principes du cartésianisme, les< contredit; ilest.le développement exclusif de ioette;miétbode abstraite et toute spéculative que'Desoaftesia/quelquefoiS'eiiafiloyée, mais qui est diamétralement contnmre à sa^méthode propte, de sorte qu'en définitive , pour ne pas être tr^p sévère envers Descartes, comme pour l'être assez envers Spi^ Mea , n £aut dire que le spinozisme, c'est le carfcésiaûsme corrompu.
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