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8. Spinoza avait cavovc a Boyie, par Oldtuburjr, des observation» critiques Htf
oir bien m'encourager, comme vous faîtes, à travailler i la philosophie. Je m'y applique de mon mieux, autant pie la médiocrité de mon esprit peut le permettre, et je îompte toujours sur votre secours et votre bienveillance, ^ous me demandez mon sentiment sur cette question: Comment chaque partie de la nature s'accorde~t-elle avec le touty et quel est le lien qui l'unit aux autres parties? Je suppose que vous entendez par là me demander les raîjons qui nous assurent en général que chaque partie de a nature est d'accord avec le tout et unie avec les autres )arties. Car pour dire de quelle façon précise sont unies es parties de Tunivers et comment chaque partie s'acîorde avec le tout, c'est ce dont je suis incapable, comme e vous le disais tout récemment, vu qu'il faudrait pour tela connaître toute la nature et toutes ses parties. Je ne bornerai donc à vous dire la raison qui m'a forcé l'admettre l'accord des parties de l'univers ; mais je vous >réviens d'avance que je n'attribue à la nature ni beauté li laideur, ni ordre ni confusion, convaincu que je suis pie les choses ne sont belles ou laides, ordonnées. ou îonfuses, qu'au regard de notre imagination.
Par l'union des parties de l'univers, je n'entends do ne rien autre chose sinon que les lois ou la nature d'une certaine partie s'accordent avec les lois ou la nature i'une autre partie, de telle façon qu'elles se contrarient le moins possible. Voici maintenant ce que j'entends par le tout et les parties : je dis qu'un cei-tain nombre de choses sont les parties d'un tout, en tant que la nature ie chacune d'elles s'accommode à celle des autres, de façon à ce qu'elles s'accordent toutes ensemble, autant 5ue possible. Au contraire, en tant qu'elles ne s'accorïent pas, chacune d'elles forme dans notre âme une idée Jistincte, et dès lors elle n'est ^lus une partie, mais un lout. Par exemple, quand les mouvements des parties
e livre De NUro, Fluiditak et FirmitaU, Boyte s^empressa d'y répondre, et 01leuburg servit encore d'intermédiaire. Voyez Lettres V, VI, VU, YIU et suit, iës 0pp. posth.
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finie, contient en soi objectivement la natnre tout entière et dont les différentes pensées s'ordonnent conformément à une loi générale, la loi de la pensée ou dos idées'. L'âme humaine, selon moi, c'est cette même puissance dont je viens de parler, non pas en tant (ju'elle est infinie et perçoit toute la nature, mais en tant qu'elle est finie, c'est-à-dire en tant qu'elle perçoit seulement le corps humain ; et sous ce point de vue, je dis que l'âme humaine est une partie d'une intelligence infinie.
Mais je ne puis expliquer et établir ici toute» ces choses et celles qui en dépendent avec le soin convenable ; ce serait m'exposer à être plus long qu'il ne faot; et, d'ailleurs, je ne présume pas qu'en ce. moment vous attendiez de moi l'éclaircissement de toutes ces questions; je crains même, pour le peu que j'ai dit, d'être tombé dans une méprise et de vous avoir répondu sur de certains objets, tandis que vous vouliez m'interroger sur d'autres. Marquez-moi, je vous prie, ce qu'il en est.
Vous dites dans votre lettre que j'ai déclaré fansses presque toutes les règles de Descartes ' sur le moirrement. Mais si j'ai bonne mémoire, je crois avoir attrilmé ce sentiment à M. Huyghens, et n'avoir parlé, qaairt à moi, que de la sixième règle de Descartes, que je crois fausse en effet et sur laquelle j'ai ajouté que M. Hnyghens lui-même était dans l'erreur. Et à cette oecasom, je vous ai prié de me communiquer l'expérience qne vous avez faite dans voire Société royale pour rériflcr l'hypothèse de M. Huyghens. Puisque vous ne me répondez rien sur ce point, je présume que la chose est impossible.
A propos de M. Huyghens, je vous dirai qu'il a été et qu'il est encore tout occupé de polir des verres à réfraction. 11 a construit pour cela un appareil assez ingénieux où il peut tourner aussi des moules sphériques. Que «»•
1 . J'interprète en cet endroit Spinoza plus que je ne le traduis, sa pensée ce OM paraissant pas complètement exprimée. — Voyez- fl/ttQUtf, ptrk. 9,.fro^. 7, 8,