‹ Œuvres, trChapitre 128 sur 159 · La XXIX« des 0pp. posth · texte numérisé non relu

La XXIX« des 0pp. posth

2. Ces initiales désignent Louis Meyer (philosophim mediciruBqtM docior)^Ï9^ Je plus intime de Spinoza. Voyez uolttt No(tc« biblioqrapbiqw.

m'a été remise p«rvortre anri N.'N. ; l'autre du 26 mare, qu'un autre de vos amis, je ne sais lequel, a envoyée à Leyde. Toutes deux m'ont été irifinrment agréables, surtout parce qu'elles m^ontfait voir que toutes vos affaires Tont pour le mieux et que vous ire m'oubliez pas. Je vous dois aussi les plus vffs remercîments pour toutes les marques de politesse et d'estime dont vous voulez bien m'honorcr. Croyez, je to^s prie, que je n'ai pas pour vous un moindre attachement, et que je désire trouver l'occasion de vous le témoigner autant que ma médiocrité le pourra permettre. Et, pour vous en ddmierr une première preuve, je m'empresse de répondre awx questions que vous m'adressez dans vos lettres. Vous nie demandez mes sentiments sur l'infini : c'est de grand cœur que je vais vous les dire. ^

Ce qui a fait regarder par tout le monde la question de l'infini comme très-difficile et même comme inextricable, c'est qu'on n'a pas distingué deux choses, savoir: ce qui est infini de sa nature ou par la seule force de s» définition, et ce qui n'a pas de Kmites, non par la vertu de son essence, mais par la vertu de sa cause. Une autre distinction qu'omn'apas faite est «celle d'une chose qu'on appelle infinie comme n'ayant pas de hmites, et à\me chose dont les parties ne peuvent être égalées ni déterminées par ancun nombre, quoique l'on ait le maximum et le minimum où elle est enfcrnïéc. 'Si an avait rema»qué ces différences, je répète qu'on n -aurait pas rencontré une foule de difficultés dont en a été accablé: on aurait aperçu clairement quelle espèce d'infini est Indivisible et ne peut avoir de parties, et quelle autre espèce en peut contenir sans cantradrcthra. On aurait tu aussi qu'il ne i^épugnenuUement que tel infini soit plus grand que tel autre infittî, et -qu'il y a une sorte dln- 'fini qu'on tre peutconcevéir de cette façon. C'est ce qui résultera clairement, j'espère, des explications que je vais vous donner.

Mais il faut d'abord que je dise quelques mots sur les

quatre objets que voici : la substance, le 'mode, Téternîté, la durée. ,

Relativement à la substance , je vous prie de considérer : i^ que Texistence appartient à son essence', c'est-à-dire qu'il suit de sa seule essence et de sa seulf I définition qu'elle existe réellement. Si j'ai bonne mémoire, c'est un point que je vous ai démontré dans le temps de vive voix, sans avoir besoin d'aucune autre proposition. — 2° Il résulte des principes que je viens de poser que la substance n'est pas multiple, mais unique ; par où j'entends qu'il n'en peut exister deux de même nature *. — 3® Toute substance ne peut être conçue que comme infinie *.

Ce que j'appelle modes, ce sont les affections de la substance. Or, la définition des modes, en tant qu'on la distingue de celle de la substance , n'enveloppe point l'existence réelle. C'est pourquoi , bien qu'ils existent, nous pouvons les concevoir comme n'existant pas ; d'où il suit qu'en tant que nous considérons leur essence toute seule, et non l'ordre de toute la nature, nous ne pouvons pas inférer, de ce qu'ils existent maintenant, qu'ils continueront ou non d'exister, qu'ils ont ou non existé auparavant. On voit donc clairement que nous concevons l'existence de la substance comme entièrement différente de celle des modes. Et de là vient la distinction de l'éternité et de la durée ; car il n'y a que l'existence des modes qui tombe dans la durée ; celle de la substance est dans l'éternité!, je veux dire qu'elle consiste dans une possession infinie de l'être (essendt).

Voici maintenant la conséquence que je veux tirer de tout ce qui précède : comme nous considérons d'ordinaire la seule essence des modes et non l'ordre entier de la nature, il nous est possible de déterminer à notre gré l'existence des modes et la durée, de les concevoir plus

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