LETTRE XXV
A MONSIEUR ****, B. DE SPINOZA
Monsieur,
11 m*a été impossible, à cause de divers empêchements qui me sont survenus, de répondre plus promplement à votre lettre du i9 mai. Je vois bien que votre esprit est encore en suspens sur la démonstration que je vous ai mandée (sans doute à cause de Tobscurité que vous y rencontrez encore). Je vais donc essayer de Téclaircir.
J*ai d'abord énuméré quatre propriétés que doit posséder rêlre qui existe par sa propre vertu et qui se suffit à soi-même. Ces quatre propriétés et celles qui s*y rattachent, je les ai réduites à une seule dans ma ciaquième remarque préliminaire. Ensuite, pour déduire de la seule supposition accordée tout ce qui était nécessaire à ma démonstration, j*ai prouvé par cette supposition même Texistence de Dieu; enfin j'ai tiré de tout cela la conclusion cherchée, sans rien supposer de plus que le sens ordinaire des termes.
Voilà en peu de mots quel a été Tordre et l'objet de ma démonstration. Je vais en reprendre maintenant toutes les parties une à une, en commençant par les quatre propriétés nécessaires que j'attribue à l'être qui existe par soi-même.
Vous ne trouvez aucune difficulté à la première, qifi est tout simplement un axiome comme la seconde ; car je n'entends rien autre chose par un être simple, sinon qu'il n'est pas composé, soit de parties de nature différente, soit de parties analogues. Ici la démonstration est certainement universelle.