‹ Œuvres, trChapitre 141 sur 159 · Voyex VÈthiqxkef part · texte numérisé non relu

Voyex VÈthiqxkef part

426 LETTaES.

je me propose; j*ai cru cependant qu'il serait bon d'ajouter quelques remarques encore. Ainsi, on juge totalement à faux, quand ou s'imagine que, dans u^i certain endroit de mon traité, j'ai pensé à cet axiome des théologiens qui distinguent entre le discours d'un devin qui dogmatise et uu simple récit. Car si l'axiome dopt on parle se rapporte à la doctrine d'un certain R. Jehuda Alpakhar, dont j'ai parfé au chapitre xv, de quel droit supposer enti*e li4 et moi une communauté quelconque de sentiments, puisque, dans le même chapitre où j'ai parlé de lui, j'ai rejeté son axiome comme faux? Que si on a voulu parler d'un autre axiome, je déclare que je ne le connais pas, et paitant que je n'ai pu n^'y référer en aucune façon.

Je n^ vois pas non plus pourquoi l'on me fait dire que tous ceux qui nient une la raison et la philosopliie soient les interprètes de l'Ecriture donneront les mains à mes sentiments. J'ai réfuté justement l'opinion de ces personnes, tout comme celle de Maimonide.

Il serait trop long de marquer tous les endroits où l'fi^uteur du hbelle fait voir que le jugement qu'il porte sur moi n'est pasd'uj^ esprit rassis. Je passe donc inwé^ diatement à sa copjclusion, qui est qu'il ne me reste plus aucune raison pour prouver que Mçhonwt n'a pas été un uro», prophète. Voilà ce qu'il s'efforce d'inférer de mes priçh cipes, lesquels prouvent au contraire que Mahomet a été un imposteur. Mahomet, en effet, a nié absolument cette liberté que la religÎQu cathoHque, révélée par la lumière naturelle et par la lumière des prophètes, a reconDiueà l'honame, et qu'il faut, comme je l'ai montré, néces?sairement reconnaître. Mais quand tout cela ne serait pas, e5t-cc que je suis tenu, je le demande, de montrer qu'un certain prophète est un faux prophète ? C'est biei^ plutôt aux prophètes de montrer qu'ils Tétaient véritar hlement. Dira-t-il que Mahomet a enseigné, lui aussi, la loi divine et donné des signes certains de sa divine mission, comme ont fait les autres prophètes.;, alors je ne

vois pas quelle raisoa il a,urait de lui refuser cette qualités Pour ce qui est des Turcs et des autres peuples étraur gers au christianisme, je suis convaincu que s'ils adorent Dieu par la pratique de la justice et l'amour du prochain, l'esprit du Christ est en eux , et leur salut est assuré, quelque croyance qu'ils professent d'ailleurs sur Maho-^ met et ses oracles.

Voyez-vous maintenant, mon ami, combien cethomme^ s'est écarté de la vérité dans ses a{ïirma,tions ? Mais cela ne m'empêche pas de tomber d'accord que ce n'est pas à moi, mais à lui-même qu'il a fait injure, quand il n'a pas rougi de prétendre que je me sers de raisons détournées pour introduire en secret l'athéisme.

Je ne pense pas, du reste, que vous trouviez rien dans ce qui précède qui vous paraisse trop sévère pour cet hpnune. Si vous rencontriez toutefois quelque mot trop dm", je vous prie de le retrancher ou de le corriger selon que vous le jugerez convenable. Mon dessein n'est point d'irriter personne, qui que ce puisse être, ni de travailler à me faire des ennemis. Or, comme c'est la suite ordinaire de ce genre de disputes, je ne me suis décidé qu'avec peine, je le répète, à vous envoyer cette réponse, et je n'aurais certainement pu m'y résoudre, si je; n'avais été lié par ma promesse. Adieu ; je confie cette lettre à votre prudence, et vous prie de me cip.ire, etc.,

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