‹ Œuvres, trChapitre 145 sur 159 · A MONSIEUR GODEFROY LEIBNIZ · texte numérisé non relu

A MONSIEUR GODEFROY LEIBNIZ

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B. DE SPINOZA

Monsieur,

J'ai lu le mémoire que vous avez eu la bonté de me faire tenir, et c'est une communication pour laquelle je vous suis extrêmement redevable. Je regrette de ne pas avoir, -en un endroit, entendu assez bien votre pensée, que vous avez assurément expliquée avec une clarté suturante : quand vous recommandez de ne donner aux vendes que la plus petite ouverture possible, n'est-ce pas fMuroe que les rayons qui viennent d'un certain point de î-'ebjet ne se réunissent pas exactement sur un autre ;{K)hi% correspondant, mais bien sur un petit espace qu'on a -coutume d'appeler point mécanique, et dont l'étendue Test, plus grande ou plus petite suivant celle de Touvortture ? Je vous demanderai aussi si ces lentilles, que vous Bommez ipandoches, détruisent cet inconvénient: je veux dire, si le point mécanique ou petit espace où se réunissent, après la réfraction, les rayons qui partent ^ùri poîrit de l'objet, giàrde toujours la même grandeur, quelle que soit celle de l'ouverture. Car, supposé qu'il

i • La Llit des C^ . p6ith*

en soit ainsi, on pourra augmenter tant qu'on voudra Touverture de ces lentilles, et alors elles seront bien supérieures aux verres de toute autre forme : autrement je ne comprendrais pas pourquoi vous les préférez si expressément aux lentilles ordinaires. Les lentilles circulaires, en effet, ont partout même axe; et c'est pourquoi on doit, quand on les emploie, considérer tous les points de l'objet comme placés sur Taxe optique ; et bien que ces points ne soient pas à la même distance de la lentille, la différence qui en résulte n'est point sensible, pourvu que Tobjet soit très-éloigné, les rayons qui partent d'un seul point pouvant être alors considérés, à leur entrée dans la lentille, comme parallèles. Je crois cependant que vos lentilles peuvent avoir tme autre utilité : si Ton veut embrasser plusieurs objets d'un seul regard (comme, par exemple, quand on emploie des lentilles circulaires convexes), vos pandoches servent alors à représenter tous ces objets ensemble d'une façon plus distincte. Mais il vaut mieux que je suspende mon jugement sur tous ces objets jusqu'au moment où vous aurez éclairci davantage votre pensée, ce que je vous prie instamment de faire. J'ai remis, selon vos désirs, l'un des deux exemplaires de votre mémoire à M.***. Il m'a dit que I3 temps lui manquait en ce moment pour l'examiner ; mais il espère pouvoir s'en occuper dans une ou deux semaines: Je n'ai point encore vu le Prodromusde François Lanay ni les Études physico-mécaniques de J. Oltius ; mais ce que je regrette beaucoup plus, c'est de n'avoir pas entre les mains votre Hypothèse physique ^ qui ne se vend point à La Haye. Je recevrai donc avec infiniment de plaisir le présent que vous me promettez si libéralement, et je serais heureux de pouvoir, à mon tour, vous être utile en quelque chose

P. 5», M. Diemerbroeck n'habite point ici. Je suis

1. L* édition de 1677 et ceUe de Paulus ne donnent point les lignes qui sqi^ent: dleg ont été publiées pour la ptemèi« lov& ^c de Ifurr.

donc forcé de vous envoyer cette lettre par Tordînaîre. Je ne doute pas que vous ne connaissiez quelqu'un à La Haye qui veuille prendre soin de nos lettres ; je désirerais bien avoir une personne à notre convenance pour cet objet: il y aurait à la fois plus de commodité et plus de sécurité. Avez-vous le Traité tbéologico-poHtique ? Si un exemplaire vous est agréable, je vous l'enverrai.

LETTRE XXVIP.

A MONSIEUR B. DE SPINOZA

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