‹ Œuvres, trChapitre 23 sur 159 · DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AKE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AKE

Propos, 7. L'(yrdre et la connexion des idées est le même que rordre et la connexion des choses.

DÊMONSTR. Cela résulte évidemment de l'Ax. 4, part. 1 ; car ridée d'une cliose causée, quelle qu'elle soit, dépend de la connaissance de sa cause.

CoROLL. Il suit de là que la puissance de penser est égale en Dieu à sa puissance actuelle d'agir. En d'autres termes, tout ce qui suit formellement de l'infinie nature de Dieu, suit objectivement de l'idée de Dieu dans le même ordre et avec la même connexion.

ScHOL. Avant d'aller plus loin, il faut ici se remettre en mémoire ce que nous avons montré plus haut, c'est à savoir que tout ce qui peut être perçu par une intelligence infinie, comme constituant l'essence de la substance, tout cela appartient à une substance unique, et, par conséquent, que la substance pensante et la substance étendue ne font qu'une seule et même substance, laquelle est conçue tantôt sous l'un de ses attributs et tantôt sous l'autre. De même, un mode de l'étendue et ridée de ce mode ne font qu'une seule et même chose exprimée de deux manières. Et c'est ce qui parait avoir été aperçu, comme à travers un nuage, par quelques Hébreux qui soutiennent que Dieu, l'intelligence de Dieu, et les choses qu'elle conçoit, ne font qu'un. Par exemple, un cercle qui existe dans la nature et l'idée d'un tel cercle, laquelle est aussi en Dieu, c'est une seule et même chose exprimée par deux attributs différents, et par conséquent, que nous concevions la nature sous l'attribut de l'étendue ou sous celui de la pensée ou sous tel outre attribut que ce pidsse être, nous trouverons toujours un seul et même ordre, une seule et même connexion de causes ; en d'autres termes, les mêmes choses résultent réciproquement les unes des autres. Et si J'ai dit que Dieu est cause de l'idée du cercle, par exemple , en tant seulement qu'il est chose pensante, et du cercle, en tant seulement que chose èleudu^^ \^ ne l'ai pês dît pour une autre raison que ce\!le-e\\ 0^^

que l'être formel de l'idée du cercle ne peut être conça que par un autre mode de la pensée, pris comme sa cause prochaine, et celui-ci par un autre mode, et ainsi à llnfini ; de telle façon que, si vous considérez les choses comme modes de la pensée, vous devez expliquer l'ordre de toute la nature ou la connexion des causes par le seul attribut de la pensée ; et si vous les considérez comme modes de l'étendue, par le seul attribut de l'étendue, et de même pour tous les autres attributs. C'est pourquoi Dieu est véritablement la cause des choses considérées en elle-mêmes, en tant qu'il est constitué par une infinité d'attributs, et je ne puis en ce moment expliquer ceci plus clairement. ,

Propos. 8. Les idées des choses particulières {ou modes) qui n'existent pas doivent être comprises dans l'idée infime de Dieu, comme sont contenues dans ses attributs les essences formelles de ces choses.

DÉMONSTR. Cette proposition résulte évidemment du scholie qui précède.

CoROLL. Il suit de là qu'aussi longtemps que les choses particulières n'existent qu'en tant qu'elles sont comprises dans les attributs de Dieu, leur être objectif, c'est-à-dire les idées de ces choses n'existent qu'en tant qu'existe l'idée infinie de Dieu; et aussitôt que les choses particulières existent, non plus seulement en tant que comprises dans les attributs de Dieu, mais en tant qu'ayant une durée, les idées de ces choses enveloppent également cette sorte d'existence par laquelle elles ont une durée.

ScHOL. Si quelqu'un désire que je prenne ici un exemple pour que la chose devienne plus claire, j'avoue que je n'en puis fournir aucun qui en donne une explication adéquate, car c'est une chose unique en son espèce; je vais tâcher pourtant de l'éclaircir autant que possible. Un cercle est tel de sa nature que si plusieurs lignes se coupent dans ce cercle, les rectangles formés par leuJrs segments sont égaux entre eux; cependant on ne peut dire qu'aucun de ces rectangles existe si ce n'^t en tant

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que le cercle existé; et l'idée de chacun de ces rectangles n existe également qu'en tant qu'elle est comprise dans l'idée du cercle. Maintenant, concevez que de tous ces rectangles en nombre infini deux seulement existent, les rectangles E et D. Dès lors, les idées de ces rectangles n'existent plus seulement en tant qu'elles sont comprises dans l'idée du cercle, mais elles existent aussi en tant qu'elles enveloppent l'existence des deux rectangles donnés, ce qui distingue ces idées de celles de tous les autres rectangles.

Propos. 9. L'idée â^une chose particulière et qui existe en acte a pour cause Dieu, non pas en tant qu'il est infini, mais en tant qu'on le considère comme affecté de l'idée (Tune autre chose particulière et qui existe en acte, idée dont Dieu est également la cause, en tant qu'affecté cPune troisième idée, et ainsi à l'infini,

Demonstr. L'idée d'une chose particulière et qui existe en acte est un mode particulier de la pensée, distinct de tous les autres modes {par le CorolL et le Schol. de la Propos. 8, part. 2); et par conséquent (en vertu de la Propos. 6, part. 2) elle a pour cause Dieu considéré seulement comme chose pensante ; non pas comme chose absolument pensante {par la Propos. ^S^part. 1), mais comme affecté d'un autre mode de la pensée, lequel a aussi pour cause Dieu comme affecté d'un autre mode de la pensée, et ainsi à l'infini. Or l'ordre et la connexion des idées est le même {par la Propos. 7, part. 2) que Tordre et la connexion des causes. Donc, la cause d'une idée particulière, c'est toujours une autre idée, ou Dieu comme affecté de cette autre idée, laquelle a pour cause Dieu comme affecté d'une troisième idée, et ainsi à l'infini. C. Q. F. D.

GOROLL. Tout ce qui arrive dans l'objet particulier d'une idée quelconque, Dieu en a la connaissance, en tant seulement qu'il a l'idée de cet objet.

Demonstr. Tout ce qui arrive dans Tobjet particulier d'une idée quelconque^ Dieu en a Vidée (,par laPro^po* A^

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