‹ Œuvres, trChapitre 28 sur 159 · DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME

est affecté par un autre corps résultent en même temps de la nature du corps qui éprouve Tafifection et de la nature du corps qui la produit, de façon qu'un seul et même corps reçoit des mouvements différents des différents corps qui le meuvent, et leur donne à son tour des mouvements différents.

Axiome 2. Lorsqu'un corps en mouvement frappe un corps en repos qui ne peut changer de place, son mouvement se continue en se réfléchissant et l'angle formé par la ligne du mouvement de réflexion avec le plan du corps en repos est égal à l'angle formé par la ligne du mouvement d'incidence avec ce même plan.

Voilà ce que nous avions à dire sur les corps les plus ^ples qui ne se distinguent les uns des autres que par k mouvement et le repos, par la lenteur ou la rapidité du mouvement. Arrivons aux corps composés.

Béfinition. Lorsqu'un certain nombre de corps de Diême grandeur ou de grandeur différente sont ainsi pressés qu'ils s'appuient les uns sur les autres, ou lorsque, se mouvant d'ailleurs avec des degrés semblables ou divers de rapidité, ils se communiquent leurs mouvements suivantdes rapports déterminés, nous disons qu'entredetels corps ily aunionréciproque, et qu'ils constituem dans leur ensemble un seul corps, un individu, qui, par cette union même, se distingue de tous les autres.

Axiome 3. A mesure que les parties d'un individu corporel ou corps composé reposent réciproquement les unes sur les autres par des surfaces plus ou moins grandes, il est plus ou moins difficile de changer leur situation, et par conséquent de changer la figure de l'iniividu en question. Et c'est pourquoi j'appeUerai les corps jiirs, quand leurs parties s'appuient l'une sur l'autre par le grandes surfaces; mous y quand ces surfaces sont petites; fluides, quand leurs parties se meuvent librement [es unes par rapport aux autres.

Lemme 4. iSî cfwn corps ou individu composé de plusieurs wrps vous retranchez un certain nombre de parties, maû (Jua

ces parties soient remplacées simultanément par tm nmtn égal de parties de même nature, cet individu conservera sa nature primitive, sans que sû forme ou essence en éprom aucun changement,

DÉMONSTR. Les corps, en efltet {par le Lemme f), ne se distinguent point les uns des autres sons le rapport de la substance, et ce qui cotiifîtne la forme on esscûce d'un individu, c'est {par la Déf. précéd.) runîôn des corps qui le composent; or, cette nnion reste id h môme, quoique {par hypothèse) les parties changent sairt \ cesse ; llndividu conserve donc, tant sons le rapport dé la substance que sous le rapport des modes, sa nattifë primitive. C. Q. P. D.

Lehve 5. Si les parties qui eompbêent un ifidivih viennent à augmenter ou à diminuer ^ mais dam tme telk proportion que le mouvement ou le repos de toutes ces parties, considérées les unes à l'égard des autres^ s^ opèrent suivant les mêmes rapports, l'individu conservera encore sa nature pf^ mière^ et son essence ne sera pas altérée.

DÉMOiîstR. C'est la même que pour léLeffrtûe précédctrt.

Lehhe 8. Si un certain nombre de corps composant «n individu sont forcés de changea* la direction de leur momfê* ment y de telle façon pourtant quils puissent continuer ce mouvement et se le communiquer les uns aux autres «tf* vant les mêmes rapports qu auparavant, rtndt^jidu conser^ vera encore sa nature, sans que sa forme éprmwe aneun changement.

DÉMDNStR. Cela est évident dé soi , ptrîsque llndîvidtt en question conserve par hypothèse tout ce qui , d'après sa déflnitian, constitue sa forme.

tÈHsns 7. LHndividu, ainsi composé, retiendra entùfé m nature, quUl se meuve dans toutes ses parties ou qu'il rtstit en repos, que son mouvement ait telle direction ou tettetm^ tré, pourvu que chaque partie garde son mouvement et te communique aux autres de ta même façon qu'auparavant.

t)]£iyK)NSTR. Cela est évident par la définition même de l'baiiAàu. Voir ce qui précède le Lemme 4.

DEUXIÈME FARTIBr — DE l'AME. W

BcfiOL. Nous voyt^nfs par ee qrn préeède comment un individu composé peut être affecté d'ane foule de m«* nières, en cmi««rwmt toujours sa nature. Or, jusqu'à ce moment nous n'avons conçu l'individu que comme fimné des corps les plus simples, de ceux qui ne se distinguent les uns des années qne pafr le mouvement et le repos, par la lenleur ^ la vitesse. Q»e si nous venons maintenant k le cMcêvoir ooâime composé de plusieurs individus •e nature diverse, nous tromverons qu'il peut être aflecté de plusieurs autres façons, en conservant toujours sa Itttore ; car puisque diacuAie de ses parties est composée de plusieurs corps, elle pourra (parle Lemme pré* ffêbmt) , sans que sa nature en suit altérée , se mouvoir tantôt avec plus de vitesse, tantôt avec plus de lenteur, et par suite communiquer plus lentement ou plus rapî- 4eiB8fit ses mouvements aux autres parties. Et mainteflimt ri nos» euBcevons un troisième genre d'individus fermé de ceux que nous venons de dire, nous trouverons 9i1t peut recevoir une foule d'autres modificatiens, sans iteuiie altération de sa nature. Enfin , si nous poursuis ims de la sorte à rinfim , nous coneevrons facilement fMT irate la natnre est un seul individu , dont les par* des , c'est-à-dire tous les corps , varient d'une inûnité Arf^ras , sans qste l'individu lui-même, dans sa totalité, f«çoive auean eiiangement. Tout cela devrsât être expliqué et démontré plus au long, si j'avais dessein de MMer du ecorps ex profimo; mais je répète que td n'est |tfinl mon objet, et €(ue je n'm placé m ces préliminaires 9M povr eméèduire aisément ce que je me propose main*- Mumt de déOMRTtref «

MmjiÀTSv I. Le eorps Innmîn se compose de plo» atettrs individus (de nature diverse), dont chacun est hA^iBèine fdit cpsmposé.

% Bnir« tes individus dont le corps humain est com* posé^ quelques-uns sont fluides, d'autres mous, d'autres

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