DEUXIÈME PAATIE. — DE L*AME
que les antres à agir ou à pàiir simultanément d'un grand nombre de façons, il est uni à une âme plus propre à percevoir simultanément un grand nombre de dwses ; et plus les actions d'un corps dépendent de lui seni, en d'autres termes, moins il a besoin du concours des autres corps pour agir, plus Tâme qui lui est unie est propre à la connaissance distincte. Et par là on peut connaître la supériorité d'une âme sur les autres , et apercevoir anscî pour quelle raison nous n'avons de notre corps qu'une connaissaxKe très^confuse, et plu* neurs autres dioses que je déduirai par la suite de celle-là. C'est pour cela que j'ai jugé convenable de les expliquer ici et de les démontrer avec plus de soin encore que je n'ai fait jusqu'à ce moment, et il est né* cessaire, afin d'y réussir, de placer ici quelques notions prâûaÉBaires touchant la nature des corps.
Ajaoïai. Tous le» corps sont en mouvement ou en repos.
▲xKnœ2.To«st corps se meut, tantôt plus lentement, tantôt plus vite.
Ltna i. Les corps se distinguent les uns des autres par le mouvement et le repos^ la vitesse ou la lenteur, et non par la substance.
DÉxoiiSTR. La première partie de ce lemme est de soi évidente ; quant à ce second point que les corps ne diffèrent point par la substance, il résulte des Propos. 5 et 8^ part, i , et plus clairement encore du Schol« de la Propos. 45, part. 1.
LiMME â. Tous les corps ont quelque chose de commun,
BsiioiiSTR. Ils ont d'abord cela de commun qu'ils en- "vdoppent tous le concept d'un seul et même attribut {ptar la Déf. 1, part. 2); et de plus, qu'ils peuvent tous se mouToir, tantôt avec plus de vitesse, tantôt avec plus de lenteur, et, absolument parlant, tantôt être en mou- ▼ement, tantôt en repos.
Lemhe 3. Un corps qui est en mouvement ou en repos a dû être déterminé au mouvement ou au repos par im, au(re
corps, lequel a été déterminé au mouvement ou au repos for un troisième corps, et ainsi à l'infini.
Les corps sont {en vertu de la Déf. 1 , part. 2) des choses particulières qui se distinguent les unes des autres par le mouvement et le repos {en vertu du Lemm précédent); d'où il suit que chacune d'elles {en vertu de la Propos. 28, part. 1) a dû nécessairement être déterminée au mouvement ou au repos par une autre chose particulière , savoir {en vertu de la Propos. 6, part. 2) par un autre corps, lequel est lui-même en mouvement ou eu repos {par l'Ax. 1). Or, ce corps n'a pu être en. mouvement ou en repos {en vertu de la même raison) y sll n'y a été déterminé par un autre corps, et celui-ci par un autre {toujours en vertu de la même raison), et ainsi à l'infini. C. Q. F. D.
CoROLL. Il suit de là qu'un corps en mouvement doit y rester jusqu'à ce qu'un autre corps le détermine au repos , et qu'un corps en repos doit rester en repos jusqu'à ce qu'un autre corps le détermine au mouvement. Cela est d'ailleurs évident de soi. Car, lorsque je suppose le corps A, par exemple, en repos, sans considérer le moins du monde d'autres corps qui sont en mouvement , tout ce que je puis dire du corps A , c'est qu'il est en repos. Que si plus tard il arrive que le corps A soit en mouvement , cela ne peut assurément venir de ce qu'il était en repos ; car la seule chose qui pourrait résulter de ce repos, c'est que le corps A y resterait. Si, au contraire, nous supposons A en mouvement, tant que nous ne considérons que A, nous n'en pouvons rien affirmer sinon qu'il est en mouvement. Que s'il arrive ensuite que A soit en repos, évidemment encore cela ne peut venir du mouvement qu'il avait tout à l'heure ; caria seule chose qui pourrait résulter de ce mouvement, c'est que A resterait en mouvement. Le repos de A vient donc de quelque chose qui n'était pas A , savoir d'une cause étrangère qui l'a déterminé au repos.
Axiome 1. Tous les modes dont un corps quelconque