DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME
j'entends, dîs-je, la faculté par laquelle Tâme affirme ou nie ce qui est vrai ou ce qui est faux , et non celle de ressentir le désir ou Taversion. Or comme nous avons démontré que ces facultés sont des notions universelles qui ne se distinguent pas des actes particuliers à Taide desquels nous les formons, la question est maintenant de savoir si les volitions elles-mêmes ont quelque réalité indépendante des idées que nous avons des choses. La question , dis-je, est de savoir s'il y a dans l'âme une autre affirmation ou une autre négation au delà de celle que l'idée enveloppe en tant qu'idée; et sur ce point, voyez la Propos, suivante ainsi que la Déf. 3, part. 2 , afin de ne pas prendre la pensée pour une sorte de peinture des choses. Car je n'entends point par idée les images qui se forment dans le fond de l'œil ou , si l'on veut, au centre du cerveau, mais les concepts de la pensée.
Peopos. 49. // n'y a dans l'âme aucune autre volition , cest'à-dire aucune autre affirmation ou négation , que celle que l'idée, en tant qu'idée, enveloppe.
DÉMONSTR. Il n'y a dans l'âme {par la Propos, précéd.) aucune faculté absolue de vouloir ou de ne pas vouloir, mais seulement des volitions particulières, comme telle ou telle affirmation , telle ou telle négation. Supposons donc une certaine volition particulière , par exemple, ce mode At la pensée par lequel l'âme affirme que les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits. Cette affirmation enveloppe le concept ou l'idée du triangle, c'est-à-dire ne peut être concise sans l'idée du triangle ; car c'est même chose de dire : A doit envelopper B, ou bien : A ne peut pas être conçu sans B. Maintenant (t après VAx. 3, part. 2) cette affirmation ne peut exister sans l'idée du triangle. Elle ne peut donc ni être conçue, ni exister sans cette idée. De même, l'idée du triangle doit envelopper cette même affirmation, que les trois angles du triangle sont égaux à deux droits ; de sorte que, réciproquement , elle ne peut ivi eyÂ&\^t^ \î\ m, ^
98 iTHIfïB»,
être conçue sans elle : par eonséqnent (^ t^rVuife U Déf.% part. 2) eette affirmation se rapporte à IfeMemie de ridée du triangle , ^t tiMiÉt absolument 'rien 'antm chose. Dr, ee que nous disons de x^étte volifien (qttt nous avons prise ïîomme temte îailtre), il tatlt le dto aussi de totite volition quelconque, savoir qu^elle iMt Tien de ffiëtint^t de l'idée. «C. Q. V. *D.
CoROtL. La votante et Tentendemsat «oitt'ttto 9«ide itt ♦nlftme chose.
BÉMOHSTR. La volonté et 'reirtendement Kie "^nt rien de distinct des'voHtions et des idées pairticulières elhfi- •mêmcs {panla -Propos, 48 étson Sckolie). Or {par'k^fir^ pos. précéd.) une volitîon et'uneîdée , c'est une'seetSè •* -m^me chose ; par conséquent aussi la volonté - et VenMft* dément. ^C.'Q. P. D.
ScHOVJfi. 9^ar la 'proposition qu'on vîeTitde UiiK, ^fio» avons renversé Texplication que Ton donne communement'de la cause de l'erreur. Nous avons mcMïtTé ^ias haut que Perreur consiste uniquement dans la pritaikm de connaissance qu'env«loppent les idées mutilée» Hft confuses. C'est pourquoi une idée fausse en i!Mt que fausse n'enveloppe pras la certitude. Aussi, ^quttUfl'HM disonsqu'un homme acquiesce à Terreur' oU' qu'il 7 awdt sans 'mélange de doute, nous ne cMsons pas «pour'cdi qu'il est certain , mais «eutemeitt-qu'îl -acquiesce <à^M^ reur ou qù-il n-en doute pas , aucune cause *iie jMM son imagination dans lUnceftitude. Du reste on;p6UtW ce îpdint consdlterle Sidhol. de la S^ropos. 44, pavi.1. Ainsi donc, nous ne 'dirons jamais âhmhommè^qi('fl'«Ml certain, si grande que 'puiss'e être son erreur; wsns W^ tendom en effet,'parcertituâe,'quelque chose dep^riiif {f)oyez la Propos. 4B,' part. 2^ et -sonSchol.) et ifOlt «M simple privation de doute*; or 'rerreur, c'^st >pwr nous la privafion de certitude, lllfais nous détona t» core, pour que l'exttlicaition'de la proposition |wéisédiM "Soit -plus complète, ajoiiteruciquëlques-yemaa^aa. ^tm 'devons aussi répondre atn obleetionB 'qu'on peut^^lmr
DEUXIÈME PAajJlL — DE L'aME. 99.
cuMitra QQtce dctctnBe* Eofin^ I^our. écarter tout scrupule, il.ne. 9«^ra paa hors de. Btûiiqs de faire conualtce queLqucu^imes des suites utiles que cette^dûctrine doit avoir.; je dis quelques-unes,, car le plus gmnd nombre se com* Qn^jidra Jbeauconp mieux parce que.nûuaLdirons dans la Svjgactie^
£a commençant mon premier-point,, j'avertis le lecteur dei distinguer soigneusement entre une idée ou un* coiu)>ept de l!âme et les images, des choses, telles que les. forme notre imagination^.Iliest nécessaire en outre de faire distinction entne. les .idées et les mota par lesquels nous exprimons les. réaiiJ^..Car les images, les mots et. les idées, voilà, trois clioses que plusieiurs coufondent totalement^ ou qulils. ne distinguent pas avec aasez de soin ou du moins asae% de précaution , et c'est pour cela qu'ils ont complètement ignoré cette théorie de. la volonté, si nécessaire àiconnaître pourtant, soit gour la vérité de la. spéculation,, soit pour la sagesse de la.pralique. Lorsqu'en effet on pense que les idées consistent en images formées dans notre âme par la rencontre des objets corporels , toutes les idées de ces choses dont il est. imposaible de se représenter une image, ne paraissent plus de véritables idées, mais de gnres fictions., ouvrage de notre libre volonté. On ne*. c<Mi$îdère ces idées que comme des- figures muettea tra* o6es sur un tableau,. et la préocnupation produite par ce préjugé empêche de voir que toute idée^ en tant qu'idée, enveloppe l'affirmation ou. la juégation.
Se plus ceux qui confondent les mots aveelldée, ou avec l'affirmation que l'idée enveloppe, ,croient:qu.'ils peuvent opposer leur volonté à leur pensée, quand ils n'opposent à leur pensée qua des affirmations ou des négations parement verbales*
Ote se dépouillera aisémentdaces.préjvigés sil'on fait attentiotn à la nature de la pensée qui. n'enveloppe nullement le concept de l'étendue; et aloi^s on comprendra clairement qu.'une idée (eoLtant.qu'.eUe est \m mod^
de la pensée) ne consiste ni dans l'image d'une chose, ni dans des mots. Car ce qui constitue l'essence des mots et des images, ce sont des mouvements corporels, qui n'enveloppent nullement le concept de la pensée.
Mais ces quelques observations peuvent suffire sur ces objets, et je passe aux objections que j'ai annoncées : la première vient de ce qu'on tient pour constant que la volonté s'étend plus loin que l'entendement, et que c'est pour cette raison qu'elle ne s'accorde pas avec lui. Et ce qui fait penser que la volonté s'étend plus loin que l'entendement, c'est qu'on est assuré, dit-on, par l'observation de soi-même, que l'homme n'a pas besoin, pour porter des jugements sur une infinité de choses qu'il ne perçoit pas, d'une puissance déjuger, c'est-à-dire d'affirmer ou de nier, plus grande que celle qu'il possède actuellement, au lieu qu'il lui faudrait une plus grande puissance de percevoir. La volonté est donc distinguée de l'entendement, parce que celui-ci est fini, celle-là, au contraire, infinie. On peut nous objecter, en second lien, que s'il est une chose que l'expérience semble nous enseigner clairement, c'est que nous pouvons suspendre notre jugement, et ne point adhérer aux choses que nous percevons ; aussi on ne dira jamais qu'une personne se trompe en tant qu'elle perçoit un certain objet, mais en tant seulement qu'elle y donne son assentiment ou l'y rehise. Far exemple, celui qui se représente un cheval ailé ne prétend pas pour cela qu'un cheval ailé existe réellement; en d'autres termes, il ne se trompe que si, au moment qu'il se représente un cheval ailé, il lui attribue la réalité. Il paraît donc que rien au monde ne résulte plus clairement de l'expérience que la liberté de notre volonté, c'est-à-dire de notre faculté de juger, laquelle est conséquemment différente de la faculté de concevoir. La troisième objection qu'on nous peut faire, c'est qu'une affirmation ne parait pas contenir plus de réalité qu'une autre affirmation quelconque; en d'autres termes, il ne semble pas que nous ayons besoin d'un pou-
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voir plus grand pour assurer qu'un chose vraie est vraie, que pour affirmer la vérité d'une chose fausse ; tandis qu'au contraire nous comprenons qu'une idée a plus de réalité ou de perfection qu'une autre idée; à mesure en effet que les ohjets sont plus relevés, leurs idées sont plus parfaites ; d'où résulte encore une différence entre l'entendement et la volonté. On nous demandera enfin, et c'est à la fois une question et une objection, ce qui arrivera, supposé que l'homme n'agisse point en vertu de la liberté et de sa volonté, dans le cas de l'équilique absolu de l'âne de Buridan? Périra-t-îl de faim et de soif? Si nous l'accordons, on nous dira que l'être dont nous parlons n'est point un homme, mais un âne, ou la statue d'un homme ; si nous le nions, voilà l'homme qui se détermine soi-même et a par conséquent le pouvoir de se mettre en mouvement et de faire ce qui lui plaît.
On pourrait nous adresser d'autres objections encore ; mais n'étant pomt tenu de débattre ici tous les songes que chacun peut faire sur ce sujet, je me bornerai à répondre aux quatre difficultés qui précèdent, et cela le plus brièvement possible. A la première objection, je réponds que j'accorde volontiers que la volonté s'étend plus loin que l'entendement, si par entendement l'on veut parler seulement des idées claires et distinctes; mais .je nie que notre volonté soit plus étendue que nos perceptions ou notre faculté de concevoir, et je ne vois point du tout pourquoi l'on dirait de la faculté de concevoir qu'elle est infinie plutôt qu'on ne le dit de la faculté de sentir; de même en effet que nous pouvons, avec la même faculté de vouloir, affirmer une infinité de choses (l'une après l'autre, bien entendu, car nous pouvons en affirmer à la fois un nombre infini), ainsi, avec la même faculté de sentir, nous pouTons sentir ou percevoir une infinité de corps (bien entendu toujours, l'un après l'autre). Que si l'on soutient qu'il y a une infinité de choses que nous ne pouvons percevoir, je dirai à mon tour que nous ne pouvons atteindre
lus ÊrsiQçs,
cegiuômçs csb^ses par s^K^unapAiiséei eicmaéqueiomfiit par aucun :a,cte de voloutéu MM3^>.dit-ont H:Oie«i Touliiit f9ixe que nous en eussioasJapereepUou, iltde'vrait.QOse douaer.uue plu^ grande faculté de pereevoirv et non pas une plus grande faculté de vouloir que celle quUlinouftA donnée. Cela revient à dire qua si Dîeu: voulait nouft faire connaître une infinité d'êtres, quenou^: ne ocmnais^ sons pas actuellement, il serait. née^ssaûer qu'il non» donnât un entendement plus grand, maîs: non pas^^om idée de Tétre plus générale, pour ;embra$ser oette infinité; I dlôtres; oar! nous avons montré que la volonté est un être universfiil ou une idée par laquelle nous: espUquQQA toutes les volitions particnlièresv c'est^àrdirece qw lenf^ est commun. Or, nos; cpntradietenrs sepersuadasit qm cette idée univeraelle,. commune à, toiutes* les voUtiiaiuii. est une faculté^ il n!e^( point, aurp^enanti qn^h: sf)UT' tiennent que cette faculté s'étend à Tinfini aUï délai des limites de l'entendement^ puiaque< rimbv««sel. s^^dit égaiement d'un seul. individu:, dét phiswiwrs,. d'inné inrunité.
Ma réponse à la seconde olô^etiotti^ c'est qne: j> mt. que» noua ayons le libre ^pouvoittiie: suapiendrc: notre jun» gf^mQiàt. Quand nous dbona^e» effet, qu/nnje p«rsonaef suspend' son jugement, nousAetfdisoAS rien auttre chos^; sinon qu'elle ne perçoit pas dfune fluEon adéquate robi^t de. son intuition. Lasuspeaslo» du jugement, .cèdet danfir: réellement un acte de perceptiaftetcnoirde iawe-T(>jf« lonté. Pour éclaircir ce poinl^ concevez, un i enfant qwb se représente un cbeval et ne perçoit rien do ptas. Q(Ai acte d'imagination enveloppant l'existence du cheval (/m^t le Corolf. de la Propos. i%.p(Wt. âj^.el; l'^oSuit ne penM^ vaut rien qui marque: la>jMHifjexistmoe>de caebasalv Jid apercevra nécesaaûiremeiÉl^ce elieTal cammeipirèiiaali^jifa ne pourra coao^e^evoifrratteitfrdouite^ttrisa réritonearia tmia» , Hm, qn'il n!en isoife.past certain^
IVnMA.^axrive* cha^e>jou«<qu6lqne»«lio8e d'analogaïf) dMlf>l«ftiSfti9^(>,et ji^'.iiie'i^cim'paa<qne pai9<MUM(>s«o
DEUXIÈME PAil31ftb^-DE L'aME.
puisââpecsttdder.qu'il possède, taudis :qii41 rère, le libre pouTok de: su&pyendre son. jugement! son les: olDgete de ses songes^ et de faire qull ne rêve pomt.en effM; ce quïl rêve; et toutefois, pendant les songea, on. snst pend. quelquefois son- jugement, par exemple quand il amye dà rêver qu!on rêve; Aîn^ii donc j 'accorde qm gersoane ne se trompe en.tant qu'il perçoit, o'est-4-dirc que Ie£( représentations de l^me, considéréesr en elleehmêmes , n'enveloppent aucune erreur {voir le ScM. de la Propos. 17, parU ^);.mais je nie qu'il. soit possible de percevoir sans affirmer. Percevoir un (dieval ailé^ qp'est-ce autre chose en effet qu'affirmer de ce chevri qu!il.a des ailes? Car enfin si tl'âme ne pereevait rien de plus que ce cheval ailé, elle le verraîtcomme présent^ sans avoir aucune raison de douter de. son existence^ nilaucune puissance de refuser son assentiment ;.e4 les choses ne peuvent se passer autrement-, à o^ins que cette- re* présentation d'un cheval ailérue sodt assoetée à une idbèe qui exprime qu'un tel cheval n'exîâte pas; en d'autres termea, à moins que l'Ame ne comprenne que l'idée qu'elle se forme d'un cheval, ailé- est; ime idée inaidé-^ quate; et alors elle devrainécessairenkent nier l'existenee de. ce cheval ailé, ou la,mettre en doute^ .
Par les réflexions qvi'on vieaA.dei lire je croisa avoic répandu, d'avao^e à.la troisième olô^tioui. Qu'eat-^e en effet que la volonté? Quelque chose d!iiniversel<qui,con^ nant en, effet.à.{toRtes. lea.idée&tpactieuUèores .et ne re- (Ijrtoente'rieade.plu3:q^e»ce<}uileur eet eoiuE^ savoijr raffirmationî^.d'.oilLilrésûlte qst^ l'essenee .adéquate de la. volonté^ ainsi considéréed'une manière abstraite, doit se.retrQU7er.dans chaq^efidée^pairtici^ère et s'y.retrou^ ver tonipuis -la même; mais c^ ji'jâst vraiqiie sous e« ^VfAÂ^,yMQ^ etcela.cesse(d'étrevraiqtt(and omcoiiâidère) lit volonté comme constituaaÉ l'easenae ^de telte oi£ tcU» idte ; , cas. alors les affirmation^: {^rtieelièrea dàShneoSb rjiM<dAJ.'imtfie^.tottt autanjt/ïttfr>leaidée«is: .p«c>exemple^: riifli«Mti(MPhe«¥el(»n^ da»% l^îdéahdaii&erclttdâ&sks^ âi^
104 fTHIQUE.
celle qui est enveloppée dans l'idée du triangle, exactement comme ces deux idées diffèrent entre elles. Enfin, je nie absolument que nous ayons besoin d'une puissance de penser égale, pour affirmer que ce qui est vrai est vrai, et pour affirmer que ce qui est faux est vrai ; car ces deux affirmations, si vous les rapportez à l'âme, ont le même rapport Tune avec l'autre que l'être avec le nonêtre, puisque ce qui constitue l'essence de l'erreur dans les idées n'est rien de positif {voyez la Propos. 35, part, 2, avec son SchoL, et le Sckol. de la Propos. 47, part. 2). Et c'est bien ici le lieu de remarquer combien il est aisé de se tromper, quand on confond les universaux avec les choses particulières, les êtres de raison et les choses abstraites avec les réalités.
Enfin , quant à la quatrième objection , j'ai à dire que j'accorde parfaitement qu'un homme, placé dans cet équilibre absolu qu'on suppose (c'est-à-dire qui, n'ayant d'autre appétit que la faim et la soif, ne perçoit que deux objets, la nourriture et la boisson, également éloignés de lui); j'accorde, dis-je, que cet homme jérira de faim et de soif. On me demandera sans doute quel cas il faut faire d'un tel homme et si ce n'est pas plutôt un âne qu'un homme. Je répondrai que je ne sais pas non plus, et véritablement je ne le sais pas, quel cas il faut faire d'un homme qui se pend, d'un enfant, d'un idiot, d'un fou, etc.
n ne me reste plus qu'à montrer combien la connaissance de cette théorie de l'âme humaine doit être utile pour la pratique de la vie. Il suffit pour cela des quelques observations que voici : 1® suivant cette théorie, nous n'agissons que par la volonté de Dieu , nous pa^ ticipons de la nature divine , et cette participation est d'autant plus grande que nos actions sont plus parfaites et que nous comprenons Dieu davantage ; or, une telle doctrine, outre qu'elle porte dans l'esprit une tranquillité parfaite , a cet avantage encore qu'elle nous apprend en quoi consiste notre souveraine félicité , savoir, dans la
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connaissance de Dieu, laquelle ne nous porte à accomplir d'autres actions que celles que nous conseillent Tamour et la piété. Par où il est aisé de comprendre combien s'abusent sur le véritable prix de la vertu ceux qui, ne voyant en elle que le plus haut degré de l'esclavage , attendent de Dieu de grandes récompenses pour salaire de leurs actions les plus excellentes ; comme si la vertu et l'esclavage en Dieu n'étaient pas la félicité même et la souveraine liberté. 2« Notre système enseigne aussi comment il faut se comporter à l'égard des choses de la fortune , je veux dire de celles qui ne sont pas en notre pouvoir, en d'autres termes, qui ne résultent pas de notre nature ; il nous apprend à attendre et à supporter d'une âme égale l'une et l'autre fortune ; toutes choses en effet résultent de l'étemel décret de Dieu avec une absolue nécessité, comme il résulte de l'essence d'un triangle que ses trois angles soient égaux en somme à deux droits. 3<» Un autre point de vue sous lequel notre système est encore utile à la vie sociale, c'est qu'il apprend à être exempt de haine et de mépris , à n'avoir pour personne ni moquerie, ni envie, ni colère. U apprend aussi à chacun à se contenter de ce qu'il a et à venir au secours des autres , non par une vaine pitié de femme, par préférence, par superstition , mais par Tordre seul de la raison , et en gardant l'exacte mesure que le temps et la chose même prescrivent. 4<> Voici enfin un dernier avantage de notre système, et qui se rapporte à la société politique; nous faisons profession de croire que l'objet du gouvernement n'est pas de rendre les citoyens esclaves, mais de leur faire accomplir librement les actions qui sont les meilleures.
Je ne pousserai pas plus loin ce que j'avais dessein d'exposer dans ce scholie, et je termine ici ma seconde partie. Je crois y avoir expliqué avec assez d'étendue et, autant que la difficulté de la matière le comporte , avec assez de clarté, la nature de l'âme humaine et ses propriétés : je crois y avoir donné des principes d'où. l'on.
peut tirer mi grand nombre deb^llea eaaaégfiejic,e5^,util&s. à la vie, néc0«5aires 41a science., etc!e3ta€^qpi semétar bli,.du moini.en parJiie,.par la, suites d^.ce tmit&u
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