‹ Œuvres, trChapitre 38 sur 159 · DEUXIÈME PARTIE. — DE L' AME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DE L' AME

sonne seule de Siméon, mais tantôt Siméon, tantôt Jacob^ et non pas tous deux à la fois ; car, d'après Thypothèse, il a vu le soir tantôt Tun, tantôt Tautre, et non pas tous deux à la fois. Voilà donc son imagination livrée à une sorte de fluctuation, et joignant à l'idée du soir ou celui-ci ou celui-là, c'est-à-dire aucun d'eux d'une manière certaine, de façon qu'il les aperçoit l'un et l'autre comme des futurs contingents. Or, cette même fluctuation aura lieu de la même manière chaque fois que nous imaginerons cet ordre de choses que nous concevons également en relation avec le temps passé ou le temps présent ; et en conséquence toutes choses que nous rapportons aussi bien au présent qu'au passé et au futur, nous les imaginerons comme contingentes.

CoROLL. 2. n est de la nature de la raison de percevoir les choses sous la forme de Féternité.

DÉMONSTR. En effet, il est de la nature de la raison de percevoir les choses comme nécessaires et non comme contingentes {par la Propos, précédente). Or, cette nécessité des choses, la raison la perçoit selon le vrai {par la Propos. 41, part. 2), c'est-à-dire {par fAx. 6, part. 1) telle qu'elle est en soi. De plus {par la Propos. 16, part. 1), cette nécessité des choses est la nécessité même de Tétemelle nature de Dieu. Il est donc de la nature de la raison d'apercevoir les chosiss sous la forme de l'éternité. Ajoutez à cela que les fondements de la raison, ce sont {par la Propos. 38, part. 2) ces notions qui contiennent ce qui est commun à toutes choses, et n'exphquent l'essence d'aucune chose particulière {par la Propos. 37, part. 2), notions qui, par conséquent, doivent être conçues hors de toute relation de temps et sous la forme de Tétemité. C. Q. F. D.

Propos. 45. Toute idée <fun corps ou d'une chose particu* Hère quelconque existant en acte enveloppe nécessairement l'essence étemelle et infinie de Dieu.

DÉMONSTR. L'idée d'une chose particulière et qui existe en acte enveloppe nécessairement tant l'essence c^w.e

9t ifmiQfm.

l'exisiènoe de aeiiedb(m'{fpaanlerC(mdL es- la? PrepmL^^ part;, ^. Or^ les choses paciio]iliè^6s>(;MEr hi Pnsjfosi»^. pÊTik 1?) n» peuvent être conçues' sans^Dien; etoamme^ ^es ont Dieu: pour oonse' (pw la Pmposi, % par^*.^)i. en tant que'Dien est considéré sou» Ls' point' dfo ¥n6t édi l'attribut dont elles sont les modes, llidéép.da oesimèmcft choses •(txit TAx. 4, ptert. f ) doit efxvwloppar:]* aoncejgt de ^attribut auquel elles se rapportent, etr^^conséqaari! {en vertu de la Déf, 6, part, i ) r^pnence iniiiif eli âtes* nelledeDieu. G. Q. P. Di

ScHOL. Je n'entendr pas- ïA. par- easfteaeej la* dffurée, c'est-à-dire lîezistance aonçue* d'une maaûève abstraite^ comme une forme de laïquantité. Jef parle: de/ la: naAuM même de Texistence qu'on attribue aux ohosesr parttea* lière&)à«cause qu'elles découlent en noaibre Isfijcdietiafec une infinité de modifications de lainéceâsitè étemelle dfi la nature de Dieu (t»ir là Propos» të:,parr. 1). Je pade, dis-'je^ de l'existence même des dioses particuUëf»a).en tant qu^^elles sont en Dieu» Car, quoicpie chacune: dtelto soit déterminée par une autre à. exister d'une certûne maaiàre^ la force par laquelle elle peiséirère dana.l!êire suit de l'éternelle nécessité de la nattire dcf Dieu> (Siêroe points twfez le CorolL de la Proposi U^pa7ii.U)

PaoFO». 46. Lajconnaiisance dtl'eesemeétemelkei infim de Dieu-que4oute idée en^ehppeestaiéquato et par faites

DésfONSTR. La démonstration de lapréeôdeniepropcoir tion est générale; et soit quarlloBi considère una choB% comme partie ou comme tout, Tidée de cette ohose» idée 'd'une partie ou d'tin)tt»it; pendmpûite^.enyeloppera l'easence étemelle et Infinie de Dieu. Bar oosséquent^ ce qui donne la connaissance de l'infinie et étemeUeessenûe de Dieu est commun à toutes choses^ et se trouveégatament dans la partie et dans' le tout :.djâù.iLsuit(par/a Propos. dHj part. 3) que cette eonnaîsaanoe est adéquate. C. Q. F. D.

Propos. 47. L'âme humaine' aime ctmaaissaaeeaiéfuate de r infime et étemelle essent^edeDieu. .

DEUXIÈME PifffnB. -^ DE l'AME. ^

IHhmNSTE. X'àme 'humaine a des idées {par ht ^Prth ]M»/â9, yart.i) par lesquelles («i vertu de la Propos. "33^ part. '^) liUe ^e connaît ^éUe^mème lainsi que son corps (parla 'Prepos. TO, pa9*t. 2), et les corps extérieurs (-par kVoroil. de Ai Propos. K et par la 'Propos. 'H, paft.Z), le tout comme existant en HCte. Donc (par les Propos. 46 et Wypart. 9), elle a une connaissance adéquate Se l*in- 1Bnie et étemelle essence 9e Dieu.

f CHOL. Nous voyons par là que Tessence infinie de Dieu et son éternité sont choses connues de ions tes hommes. Or, comme toutes choses sont en Dieu et se conçoivent par Dieu, îl s'ensuit que nous pouvons de cc^tte connaissance en déduire beaucoup d'autres qui^ sont adéquates de'leumature, et former ainsi ce troisième genre de connaissance dont nous avons parlé (dans le Schol. 2 de la Propos. 40^ part. ^), et dont nous aurons à raonirer dans ta partie cinquième la supériorité et 'l'utilité. Mais comme tous les hommes n'ont pas une connaissance également élaire de Dieu et des notions communes , il arrive qti'ils ne peuvent imaginer 'Dieu comme ils font les corps, dt qu'ils tmt uni le nom de Dieu aux images des choses que leurs yeux ont coutume de voir, et c'eât là une Chose que les 'hommes ne peuvent guère éviter, parce qu'ils sont continuellement a^ fectés par les corps extérieurs. Du reste, la plilpai*t des erreurs Tiennent de ce que nous n'appliquons pas convenablement les noms des choses. "Si quelqu'un dit, par exemple, que les lignes -menées du 'cenftre d^n cercle à sa circonférence ^ont inégales, il eët certain qu'il eritenQ autre tbose que ce que Torit les mathématiciens. De même, ceM qui se 'trompe dans un calciilaxlansn^^prit d'autres nombres que sur le papier, fii donc vcrvs ne Mtes attention qu'à ce qui se passe dans son esprit, assurément û ne se trompe pas^; etnéanmoins Si seml^ se tromper parce que nous croyons qu'il a dans l'esprit les mêmes nombre» qui sont sur le papier. -Sans cela nous ne penserions pas qu'il fut dans V^ti^xxr^^^'^tE&asfo

je n*ai pas cru dans Terreur un homme que j'ai entendu crier tout à Theure : Ma maison s'est envolée dans la poule, de mon voisin ; par la raison que sa pensée véritable mef paraissait assez claire. Et de là viennent la plupart des controverses, je veux dire de ce que les hommes n'ex pliquent pas bien leur pensée et interprètent mal celle d'autrui au plus fort de leurs querelles ; ou bien ils ont les mêmes sentiments, ou, s'ils en ont de différents, les erreurs et les absurdités qu'ils s'imputent les uns aux autres n'existent pas.

Propos. 48. // n'y a point dans Vâme de volonté absolue ou libre ; mais l'âme est déterminée à vouloir ceci ou cela par une cause, qui elle-même est déterminée par une autre ^ et celle-ci encore par une autre, et ainsi à Vinfini.

DÉMONSTR. L'âme est un certain mode déterminé de la pensée {par la Propos, li, part. 2), et en conséquence elle ne peut être [parle Coroll. 2 de la Propos, il, part, i) une cause libre, ou en d'autres termes posséder la faculté absolue de vouloir ou de ne pas vouloir; mais elle est déterminée à vouloir ceci ou cela par une cause qui elle* même est déterminée par une autre, et celle-ci encore par une autre, etc. C. Q. F. D.

ScHOL. On démontrerait de la même manière qu'il n'y a dans l'âme humaine aucune faculté absolue de comprendre, de désirer, d'aimer, etc. D'où il suit que ces facultés et toutes celles du même genre, ou bien, sont purement fictives, ou ne représentent autre chose que des êtres métaphysiques ou universels que nous avons l'habitude de former à l'aide des choses particulières. Ainsi donc, l'entendement et la volonté ont avec telle ou telle idée , telle ou telle volition , le même rapport que la pierréité avec telle ou telle pierre, l'homme avec Pierre ou Paul. Maintenant, pourquoi les hommes sontils jaloux d'être libres? c'est ce que nous avons expliqué dans l'appendice de la première partie. Mais, avant d'aller plus loin , il faut noter ici que par volonté j 'entends la faculté d'affirmer ou de nier, et non le désir; .

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