‹ Œuvres, trChapitre 42 sur 159 · TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS. iii · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS. iii

de cette âme, mais en tant qu'il contient aussi en même temps les autres âmes de Tunivers.

Maintenant, une idée quelconque étant donnée^ quelque effet doit nécessairement s'ensuivre {par la Propos, dQ,part. i); et cet effet, Dieu en est la cause adéquate (voyez la Béf. 1, part. 3), non pas en tant qu'infini, mais en tant qu'affecté de l'idée donnée {voyez la Propos. 9, part. 2). Or, ce même effet dont Dieu est la cause, en tant qu'affecté d'une idée qui est adéquate en une certaine âme, cette âme en est aussi cause adéquate [par le Corolly de la Propos. 11, part, 2). Donc notre âme, en tant qu'elle a des idées adéquates, doit (par la Déf* 2^ part. 3) nécessairement opérer quelque action. Et c'est là le premier point qu'il fallait démontrer. De plus, tout effet qui suit nécessairement d^une idée qai est adéquate en Dieu^ en tant qull contient en soi non pas seulement l'âme d'un seul homme, mais avec elle en même temps les autres âmes de Tunivers, tout effet de cette espèce, dis-je, l'âme de cet homme n'en est pas la cause adéquate (par le même CorolL de la Propos. Il, ff^Tt, 2}, mais seulement la cause partielle; et en condé- Çience (par la Déf. 2^ part. 3), l'âme, en tant qu'elle a des idées inadéquates, est nécessairement affectée de quelque passion ; c'est le second point que nous voulions itahlir. t)onc enfin, etc. C. Q. F. D.

Corollaire. Il suit de lâ que l'âme est sujette â d'ctûtaot plus de passions qu'elle a plus d'idées inadéquates; et au contraire, qu'elle produit d'autant plus d'actions qu'elle a plus d'idées adéquates.

Propos. 2. Ni le corps ne peut déterminer Pâme à la pensée^ ni l'âme le corps au mouv^nent et au repos, ou à quotqm ce puisse être.

DiMOKsnu Tous les modes de la pensée ont pour cause Dieu, en tant que chose pensante, et non en tant qu^l se développe par un autre attribut (par la Propos. 6, part. 3); par conséquent, ce qui détermine l'âme âla pensée, c'est un mode de la pensée, et TioxL\vn.xùû^^\^

l'étendue; en d'autres termes {par la Déf. i,partA)t ce n'est pas le corps. Voilà le premier point. De plus, le mouvement et le repos du corps doivent provenir d'un autre corps qui lui-même est déterminé par un autre corps au mouvement et au repos; et, en un mot, tout ce qui se produit dans un corps a dû provenir de Dieu, en tant qu'affecté d*un certain mode de l'étendue, et non d'un certain mode de la pensée (en vertu de la même Pro^ pos. 6, part, 2); en d'autres termes, tout cela ne peut . provenir de l'âme, qui {par la Propos. 11, part. 2) est un mode de la pensée. Voilà le second point. Donc, ni le corps, etc. C. Q. F. D.

ScHOLiE. Cela se conçoit plus clairement encore parce qui a été dit dans la scliolie de la Propos. 7, part. 2, savoir, que l'àme et le corps sont une seule et même chose, qui est conçue tantôt sous l'attribut de la pensée, tantôt sous celui de l'étendue. D'où il arrive que l'ordre, Tenchaînement des choses, est parfaitement un, soit que l'ori considère la nature sous tel attribut ou sous tel autre, et partant, que l'ordre des actions et des passions de notre corps et l'ordre des actions et des passions de l'âme sont simultanés de leur nature. C'est ce qui résulte aussi d'une façon évidente de la démonstration de la Propos. 7, part. 2.

Mais, quelle que soit la force de ces preuves, et bien qu'il ne reste véritablement aucune raison de douter encore, j'ai peine à croire que les hommes puissent être amenés à peser avec calme mes démonstrations, à moins que je ne les confirme par l'expérience ; tant est grande chez eux cette conviction, que c'est par la seule volonté de l'âme que le corps est mis tantôt en mouvement, tantôt en repos , et qu'il exécute enfin un grand nombre d'opérations qui s'accomplissent au gré de l'âme et sont l'ouvrage de la pensée. Personne, en effet, n'a déterminé encore ce dont le corps est capable ; en d'autres termes , personne n'a encore appris de l'expérience ce gue le corps peut faire et ce qu'il ne peut pas faire, par

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