‹ Œuvres, trChapitre 48 sur 159 · TROISIÈME PARTIS. -^ DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIS. -^ DES PASSIONS

PlROitts. f8. Vkcmme peut être affecté éttme impression de joie et de tristesse par V image dune chose passée ou futHrCy eofirme put cetle étune chose présente.

DÉMONiStR. Tant que rhoimne est affecté par limage df*cme certaine, chose, il la voit comme présente, alors même qu'elle n'existerait pas {par la Propos. 17, part, i â»ec «on CorolL)^ et il ne llmagîne comme passée ou lA^mme future qu'en tant que son image est jointe à celle d*im temps écoulé ou à venir {voyez le Schol. de la Ptxh pas. 44, part. 2). Ainsi donc, Kmage d'une chos^e, pri^e en soi, est toujours la même, qu'elle se rapporte au passé et à l'avenir, ou bien au présent; en d'autres termes {par te Corail. IF delà Propos, i^^part. 2), l'état ou l'affection du corps sont les mêmes, que Timage se rapporte au passé et à Tavenir ou bien au présent ; et par conséquent la passion de la joie et de la tristesse est la même, que Hmage se rapporte au passé et à l'avenir, ou bien au présent. C. Q. F. D.

Sfcn&L. 1. J'appelïé'îeî tme chose, passée ou fiiture, en tant que nous en avons été affectés ou que nous lé serons. Par exemple, en tant que nous avons vu ou qtie nou^ ▼erfôift cette chose, elle a réparé nos forces mi elle les réparera, eHe nous a blessés ou tious Masser», etc. En rfTet, en tant que notis l'imaginons de la sorte, «mis afflr^ tn^ms son existence ; en d'autres termes, le cor pB n'<?8t nBetté cPaueune passion qtri exclue rexistence de te Gfaô«e quï rafltecte; et en conséquence {parla Propos. IT, part. 2*), te corps est affecté par l'image de cette- chose eomae si fe chose efle-môme était présente. Or, comme îf arrtve^ presque tttujotrrs que les hommes qui ont beaf^^• coup d%?xpérience éprouvent mic certaine fluctuation ^aqiie ft)h qu'ils aperçoivent une chose comme future ou cotome passée*, et sont dans «ne grande incertitudie mr te qtir pourra advenir («oy. fe Sûhol. de la Propos. 44, part. 2), il en résulte que les affècftiôtts nées de sévtù^ btâbtes inwges n'ont aucune persistance, mai» au contraire sont froiiMéear par les images &'olb^^ ^%^t«tK%^

jusqu'à ce que Ton obtienne la certitude touchant ce qui doit arriver.

ScHOL. 2. Ce qui précède nous fait comprendre ce que c'est qu'espérance, crainte, sécurité, désespoir, contentement et remords. V espérance n'est autre chose qu'une joie mal assurée^ née de l'image (Tune chosefuture ou passée dont l'arrivée est pour nous incertaine; la crainte, une tristesse mal assurée^ née aussi de l'image d'une chose douteuse. Maintenant, retranchez le doute de ces affections, l'espérance et la crainte deviennent la sécurité et le désespoir ^ c'est-à-dire la joie ou la tristesse nées de l'image d'une chose gui nous a inspiré crainte ou espérance. Quant au contentement, c'est IdLJoie née de l'image d'une chose passée qui avait été pour nous un sujet de doute. Enfin, le remords, c'est la tristesse opposée au contentement.

Pkopos. 19. Celui qui se représente la destruction de ce qu'il aime est saisi de tristesse; s'il s'en représente la conservation, il éprouve de la joie.

DÉMONSTR. L'âme s'eflEbrce, autant qu'il est en elle, d'imaginer ce qui augmente ou favorise la puissance d'agir du corps {par la Propos. 12, part. 3), en d'autres termes {par le SchoL de la même Propos.), ce qu'elle aime. Or, l'imagination est favorisée par tout ce qui implique l'existence de sonx)bjet, et empêchée par tout ce qui l'exclut {par la Propos, 17, pqrt. 2). Donc, les images des cho- ses qui impliquent l'existence de l'objet aimé favorisent l'effort de l'âme pour imaginer cet objet; en d'autres termes {par le Schol. de la Propos. 11, part. 3), elles réjouissent l'âme. Au contraire, les images des choses qui excluent l'eidstence de l'objet aimé empêchent cet effort de Tâme , c'est-à-dire {par le même Schol.) l'attristent. Par conséquent, celui qui se représente la destruction de ce qu'il aime sera saisi de tristesse, etc. C. Q. F. D.

Propos. 20. Celui qui se représente la destruction de ce qu'il hait sera saisi de joie.

DÉMONSTR. L'âme {par la Propos. 13, part, 3) s'efforce d'Jmaginer tout ce qui exclut l'existence des choses ca-

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