‹ Œuvres, trChapitre 47 sur 159 · TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS

se ScHOL. Nous comprenons par ce qui précède comment

i#j il peut arriver que nous aimions ou que nous haïssions L*: certains objets sans aucune cause qui nous soit connue, m Diais seulement par Tefifet de la sympathie , comme on dit, ou de Tantipathie. A ce même ordre de faits il faut 9 rapporter la joie ou la tristesse dont nous sommes affectés à roccasion de certains objets, parce qu'ils ont quelifej çue ressemblance avec ceux qui d'habitude nous affec- Kîj* tent de ces mêmes passions, comme je le montrerai dans i\ la proposition qui va suivre. Quelques auteurs, je le sais, ?^ ceux-là mêmes qui ont introduit les premiers ces noms '■ de sympathie et d'antipathie, ont voulu représenter par ^ Incertaines qualités occultes des choses; quant à moi, je crois qu'il est permis d'entendre par ces mots des ■ Qualités connues et qui sont même très-manifestes.

Propos. 16. Par cela seul que nous imaginons qu'une cer- ^^ine chose est semblable par quelque endroit à un objet qui ^ordinaire nous affecte de joie ou de tristesse, bien que le P<nnt de ressemblance ne soit pas la cause efficiente de ces f^ossions^ nous aimons pourtant cette chose ou nous la haïssons.

DÉMONSTR. Ce qu'il y a de semblable entre la chose et l*objet dont il s'agit, l'âme l'a aperçu dans cet objet ^ême [par hypothèse) sous l'impression de la joie ou de ï-^ tristesse ; et en conséquence {par la Propos. iA,part. 3), ^nand l'âme imaginera cela dans un autre objet, elle sera aussitôt affectée, soit de joie, soit de tristesse, et c'est ^insi que la chose en question deviendra par accident (en vertu de la Propos. 15, part. 3), cause efficiente de joie ou de tristesse ; par conséquent [en vertu du précédent CorolL)j nous aimerons ou nous haïrons cette chose, l)ien que ce par où elle est semblable à l'objet qui nous a affecté ne soit pas cause efficiente de cette s^ection. C. Q. F. D.

Propos. 17. Quand une chose nous affecte habituellement d'une impression de tristesse, si nous venons à imaginer qu'elle a quelque ressemblance avec un objet qui no\jis aÇ^icU

(36 £thi^r».

habitueUement éTune impression iejeie de même foree^ notis aurons de la haine pm/r émette ehose et en même temps de Vamûwr.

DÉMOTVSTR. Cette ehosê^ est en effet par elle-même nne cause de twstesse [^ après r hypothèse)^ et [en vertu duScM. die la Propoê. 13, part, â) m tbmt^ve mma riraaginofls 9DVS rimpreseioQ èe lu tristesse, noas la prenons ea hmsee ; or, en taii4? qm non» Fimagfnons en outre comine «emblable à nn objet qui nous affecte habituellement d*Wne grande impression de joie, nous Taimons avec Me drdeur proportionnée au sentliment qix'elle nous easse; Wmséquemment {en dertu de la Propos, précédents) notB attrone pour elle d^e ta haine et en même temps de l'amottr. C. Q. P. !>.

SCHOL. Cet état de Vame^ né de deM passions contraires^ t*t%t ce qu'on noflame flucfaaixm; elle est à la passion ee que le doute est à Timaghiation {voyez le Sckol. de la Propos, ti, part. 2), et de la fluctuation au doute il n'y a de différence que du plus au moins. Mais il faut rc»marquer ici que dans la proposition précédente j'ai déduit ces fluctuations de deux causes, l'une qui opère par elle-même, et l'autre par accident; or, si j'ai procédé de la sorte, c'est «eutement pour focilitOT ma déduction ; ce n'est point dû tout que je veuille nier que ces fluctnalions n'aient pour la plupart leur origine dans un objet qui esl à la fois eausé efficiente de deux affections con* traires. Le corps humain, en effet {par le Post. 1 , part. % ffe compose de plusieurs individus de nature diverse, et conséquemment {par VAx. /, posé après le Lem. IIl^ qa^tm peut voir après la Propos. 43, part. 2) peut être affecté par un seul et même corps étranger de plusieurs fàçoiis différentes; et d'un autre côté, comme une seule et même dliose peut être affectée d'un grand nombre de façons, elle pourra donc affecter d'un grand nombre de façons ibfférentes une sente et même partie du corps. Par où il est aisé de concevoir qu'un seul et même objet puisse êtraJa eanse d un grand nombre d'oiffections contraires»

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