‹ Œuvres, trChapitre 50 sur 159 · TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS

en être réjoai, et avec d'autant plus de force qu'il se fignre cette tristesse plus grande. Voilà le premier point. De pl«s, la joie exprime Texistence de celui qui l'éprouve (par fe même SchoL de la Propos. 11, part, 3), et avec d'auta*t plas de force qu'elle est plus grande. Lors donc qu'oa se représente l'objet odieux dans la joie, l'effort de l'àme est empêché par cette image (en vertu de la Propw. 13, part. 3) ; en d'autres termes {par le SchoL de la Pnçw». ii, part. 3), l'àme est saisie de tristesse, etc. C, O.F.D.

ScHOLiE. Cette joie ne peut jamais être solide et pure cdî de tout trouble intérieur; car (comme je le ferai voir fri\ bientôt dans la Propos. 27) notre âme, en tant qu'elle se -^ représente un être qui lui est semblable plongé dans la tgji ti^tesse, en doit être contristée ; et le contraire arrive, FAI si elle se représente cet être dans la joie. Mais nous ne if faisons ici attention qu'à la haine qu'un objet inspire. Tt Pboios. 24. Si nous nous représentons une personne [eii (^wime causant de ta joie à un objet que nous haïssons, nous m Voirons cussi cette personne. Si, au contraire, nous nous la Qsj ^tprésewkms comme causant de la tristesse à f objet odieux^ m\ '^ aurons pour elle de l'aimmr,

m DiitONSTR. Cette Proposition se démontre de la môme il manme que la Propos. 22, part 3, à laquelle nous ren* 01 voyons.

k; SoHOLEE. Cette sorte de passions et celles qui ressemblait à la haine se rapportent à Venvie, qui, par conségaont, n'est autre chose que la hmne elle-même, en tant qylelie dispose t homme à se réjouir du malheur et autrui et à s'âitnster de son bonheur.

PftQPOB. 25. Tout ce que nous nous représentons comme camsant de la joie à nous-mêmes ou à ce que nous aimons, nous nous efforçons de Vafi^rmer, et de nous-mêmes et de ce que nous mmans ; et nous nous efforçons^ au contraire, d'en nier tout ce que nous nous représentons comme causant de la triS" tesse à et que nous aimons ou à nous-mêmes, ^ DivaxSTA. Ce qui nous parait causer d^ \^ y^v^ ^\^ ^^

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la tristesse à Tobjet aimé nous cause de la joie ou de la tristesse {par la Propos, 24 , part. 3). Or, notre âme {par la Propos, 12, part. 3) s'eflforce, autant qu'il est en elle, dlmaginer ce qui nous cause de la joie, en d'autres termes {par la Propos. 17, part. 2 et son Coroll.)^ de l'apercevoir comme présent, et au contraire {par la Propos. 13, part. 3), elle s'efforce d'exclure l'existence de ce qui nous cause de la tristesse. Donc, nous nous efforçons d'affirmer, et de nous-mêmes et de l'objet aimé, tout ce que l'imagination nous représente comme une cause de joie pour nous ou pour l'objet aimé ; et au contraire, etc. C. Q. F. D.

Propos. 26. Nous nous efforçons (Fa/jîrmer de l'objet que nous avons en haine tout ce que nous imaginons lui devoir causer de la tristesse, et d'en nier tout ce que nous imagi' nom lui devoir causer de la joie.

DÉMONSTR. Cette Proposition suit de la Proposition 23, comme la précédente suit de la Proposition 21, part. 3.

ScHOUE. Nous voyons par ce qui précède qu'il arrive aisément qu'un homme pense de soi ou de ce qu'il aime plus de bien qu'il ne faut, et au contraire, moins de bien qu'il ne faut de ce qu'il hait. Quand cette pensée regarde la personne même qui pense de soi plus de bien qu'il ne faut, c'est l'orgueil, sorte de délire où l'homme, rêvant les yeux ouverts, se croit capable de toutes les perfections que son imagination lui peut représenter, et les aperçoit dès lors comme des choses réelles, et s'exalte à les contempler, tant qu'il est incapable de se représenter ce qui en exclut l'existence et détermine en certaines limites sa puissance d'agir. Vbrgueil, c'est donc la yote qui proment de ce que l'homme pense de soi plus de bien qu'il ne faut. Maintenant, \B.joie qui provient de ce que V homme pense d^ autrui plus de bien qu'il ne faut^ c'est V estime; et celle enfin qui proment de ce que l'homme pense ^autrui moins de bien qu'il ne faut, c'est le mépris.

Propos. 27. Par cela seul que nous nous représentons un olfjet qui nous est semblable comme affecté d'une certaine

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