‹ Œuvres, trChapitre 51 sur 159 · TAOISIÈHE PARTIE. — DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TAOISIÈHE PARTIE. — DES PASSIONS

passioriy bien que cet objet ne nous en ait jamais fait éprouver aucune autre, nous ressentons une passion semblable à la sienne.

DÉMONSTR. Les images des choses, ce sont les affections du corps humain dont les idées nous représentent les corps extérieurs comme nous étant présents (par le Schol. de la Propos. 17, part. 2), en d'autres termes (par la Propos. 16, part. 2), dont les idées enveloppent à la fois la nature de notre corps et la nature présente du corps extérieur. Si donc la nature du corps extérieur est semblable à la nature de notre corps, alors Tidée du corps extérieur que nous imaginons enveloppera une affection de notre corps, semblable à Tafifection du corps extérieur , et en conséquence, si nous nous représentons un objet qui nous est semblable comme afifecté d'une certaine passion, cette représentation exprimera une affection semblable de notre corps; et par suite, de cela seul que nous nous représenterons un objet qui nous est semblable comme affecté d'une certaine passion, nous éprouverons une passion semblable à la sienne. Que si i^OQs haïssons cet objet qui nous est semblable, en tant îue nous le haïssons, nous serons affectés (par la Prof^. 23, part. 3) d'une passion contraire à la sienne, et non pas semblable. C. Q. F. D.

Schol. Cette communication d'affection, relativement i la tristesse, se nomme commisération {voyez ci-dessus le Schol. de la Propos. 22, part. 3) ; mais relativement au désir, c'est Vémulation^ laquelle n'est donc que le désir fune chose produit en nous, parce que nous nous représen^ tons nos semblables animés du même désir.

CcmoLL. I. Si nous nous représentons une personne, pour qui d'ailleurs nous n'éprouvons aucune passion, comme causant de la joie à un de nos semblables, nous aimerons cette personne ; si au contraire nous nous la représentons comme lui causant de la tristesse, nous la haïrons. . DfMONSTR. Cette Proposition se démontre par la précédente, comme la Propos. 22, part. 3, par laPco^o%«^l« m. \X

CoROLL. n. Nous ne pouvons haïr un objet (jui noQS inspire de la commisération, par <;da seul ^e le spectacle de sa misère nous met dans la tristesse.

DÉMONSTR. Si, en effet, cela suffisait pour nous inspirer de la haine contre lui, il arriverait alors (par la Propos. 23, ^ part. 2) que nous nous réjouirions de sa tristesse, ce qui est contre l'hypothèse. ':

CoROLL. IIÏ. Chaque fois qu'un objet nous inspire de la commisération, nous nous efforçons, autant qaîl est en nous, de le délivrer de sa misère.

DÉMONSTR. Toute chose qui cause de la tristesse à un objet dont nous avons pitié nous inspire une tristesse semblable {par la Propos, précéd.)^ et alors nous nous efforçons {par la Propos. 13, part. 3) de nous rappel» tout ce qui supprime Texistence de cette chose, c'est-àdire ce qui la détruit ; en d'autres termes {par la Propos. 9, part. 3), nous désirons sa destruction, nous sommes déterminés à la détruire, et partant nous nous efforçons de délivrer de sa misère l'objet dont nous avons pitié. C. Q. F. D.

ScHOL. Cette volonté, ou cet appétit de Mre le Hen, qui naît de la commisération que nous ressentons pour l'ob* jet à qui nous voulons faire du bien , s'appelle bimmU lance, laquelle n'est donc que le désir né de la tom* misération. Du reste, pour ce qui est de l'amoiir eu de la haine que nous ressentons pour celui qui fait du bien ou du mal à nos semblables, voyez le Schol. de la nropos. 22, part. 3. i

Propos. 28. Toute chose qu'on se représente comme cou* duisant à la joie, on fait effort powr qu'elle arrive; si mt contraire, elle doit être un obstacle à la foie et mener i la tristesse y on fait effort pour récarter ou la détruire.

DÉMONSTR. Toute chose que nous imaginons comme

conduisant à la joie, nous faisons effort pour l'imaginer,

autant qu'il nous est possible {par la Propos. i%part. 8),

en d'autres termes {par la Propos. 17, part. 2) pour l'a-

i9âreeFDir autant que possible comme présente, c'est-à-

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