‹ Œuvres, trChapitre 76 sur 159 · QUATRIÈME PARTIE. — DE l'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — DE l'ESCLAVAGE

VOS. précéd.) elle est plus forte que si nous rimaginions cérame contingente; de telle façon que notre passion pour une chose contingente est beaucoup plus faible que si nous rimaginions comme nous étant présente. C. Q. F. D.

Propos. 13. Notre passion pour un objet contingent que nous savons ne pas exister présentement est plus faible, toutes choses égales d'ailleurs, que notre passion pour un objet

Demonstr. En tant que nous imaginons une chose comme contingente, nous ne sommes affectés de l'image d'aucune autre chose qui pose Texistence de celle-là {par la Déf, 3, part. 4); au contraire (par hypothèse), nous imaginons certaines choses qui excluent Texistence de la chose contingente dont il s'agit. Mais en tant que nous imaginons un objet en relation avec le passé, par là même nous devons imaginer quelque chose qui rappelle cet objet à notre mémoire, c'est-à-dire qui suscite l'image de cet objet {voyez la Propos. 18, part. 2, et son SchoL) et nous le fasse contempler comme présent [par fe Coroll. de la Propos. 17, part. 2). Ainsi donc {par la f^^pos. 9, part, 4), notre passion pour un objet contingent que nous savons ne pas exister présentement est plus faible, toutes choses égales d'ailleurs, que notre passion pour un objet passé. C. Q. F. D.

Propos. 14. Za vraie connaissance du bien et du mal, en tant que vraie, ne peut empêcher aucune passion ; elle ne kpeut qu'en tant qu'on la considère comme une passion.

DÉHONSTR. Une passion , c'est ( d'après la Déf. gén, des pass. ) une idée par laquelle l'âme affirme que son corps a une force d'exister plus grande ou plus petite qu'auparavant, et conséquemment [par la Propos. 1, part'. 4) rien de positif ne peut être détruit en elle par la présence du vrai ; d'où il suit que la vraie connaissance lu bien et du mal, en tant que vraie, ne peut empêcher aucune passion. Mais en tant que cette connaissance est une passion {voyez la Propos. 8, part. 4 ), si elle est plus

forte qu'une passion contraire , elle pourra rempôcher , et ne le pourra d'ailleurs qu'à ce seul titre (par la PrO' po9.1,part.A.) G. Q. F. D.

Propos 45. Le déstr qui naît de la omnainanee vraie du bien et du mal peut être détruit ou empêché par beaueùup f outrée désirs qui naissent des passions dont notre âme est agitée en sens divers.

D£monstr. De la connaîasanee vraie du bien et du mal en tant qu'elle est une passion {par la Propos, S, part, 4^ provient nécessairement un désir {par la Déf, 1 despaa sions)^ lequel est d'autant plus fort que la passion d'où i provient est elle-même plus forte {par la Propos. 37 part, 3); mais comme ce désir {par hypothèse) naît dé (^ que nous avons une connaissance vraie , il s'ensuit qu': est en nous, en tant que nous agissons {par la Propos, £ part. 3) , et partant qu'il doit être conçu par notre sed essence {en vertu de la Déf, % part. 3), et que sa force ^ sott accroissement doivent se mesurer par la seule puifi sance de Vhomme{ Propos, 7, />. 3). Or, les désirs qc naissent des passions qui agitent notre âme en sens diver sont d'autant plus forts que ces passions ont plus d'énec gie , et par conséquent leur force et leur accroissemen (en vertu de la Propos. 5, part. 4) doivent se mesurer pu la puissance des causes extérieures , laquelle , si 03 la compare à la nôtre , la surpasse indéfiniment {par £ Propos. S, part. 4 ); et ainsi donc les désirs qui naisten de passions semblables peuvent être plus forts que celo qui naît de la connaissance vraie du bien et du mal, e partant {par la Propos. 1, part. 4) ils peuvent étouffer ûi oiq[>êcher ce désir. G. Q. F. D.

Propos. 16. Le désir qui provient de la connaissance A bien et du molj en tant que cette connaissance regarde fava nir , peut facilement être étouffé ou empêché par le désirât choses présentes qui ont pour nous de la douceur.

DÉifONSTR. Notre passion pour une chose que nott ima^nons comme future est plus faible que pour ufli dÊOBO présente (par le C43roll. de la Propos, %, part. 4)

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Oi*, le désir qui provient de la connaissance vraie du bien et du mal , quoique cette connaissance porte sur des cbioses présentes qui nous sont agréables , peut être chàassé ou empêché par quelque désir téméraire (en vertu de la Propos, précéd,, dont la démonstration est universelle), Ûorie, le désir qui naît de cette même connaissance , en tant qu'elle regarde l'avenir, peut aisément être étouflfé ou empêché , etc. C. Q. P. D.

Propos, il. Le désir qui provient de la connaissance vraie du bien et du mal , en tant quelle porte sur des choses contin^ gérâtes , peut plus facilement encore être empêché par le désir fe« choses présentes,

Démonstr. Cette proposition se démontre de la même n^smière que la Propos, précédente , par le CoroU. de la Propos. 12, part. 4.

ScHOL. Je crois avoir expliqué par ce qui précède pourquoi les hommes sont plus touchés par Topinion que par la raison , pourquoi la connaissance vraie du bien et 4u mal ébranle notre âme , et pourquoi enfin elle cède souvent à toute espèce de passion mauvaise. C'est ce qui feit dire au poète : Je vois le meilleur , je V approuve , et je f^ts le pire\ Et la même pensée semble animer TEcclé- ^aste, quand il dit : Qui augmente sa science augmente ses Couleurs*, Je ne prétends point conclure de là quil soit Pi^éférable d'ignorer que de savoir, ni que l'homme Intel- ^gelit et l'homme stupide soient également capables de **^odérer leurs passions. Je veux seulement faire com- ^ï^endre qu'il est nécessaire de connaître llmpuissance ^e notre nature aussi bien que sa puissance , de savoir ^ que la raison peut faire pour modérer les passions , et ^ qu'elle ne peut pas faire. Or, dans cette quatrième Partie , je ue traite que de l'impuissance de l'homme , Voulant traiter ailleurs de la puissance de Thomme sur ^es passions.

Paopjs. 18. Ledésirquiprovient de la joie est plus fort ^

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