‹ Œuvres, trChapitre 75 sur 159 · OUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

OUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE

présente de la chose future; et si j*ai négligé de faire alors cette remarque, c'est que j'avais dessein de traiter dans une autre partie de la force des passions.

CoROLL. L'image d'une chose future ou passée, c'est-à* dire d'une chose qui est considérée par nous dans un certain rapport avec l'avenir ou le passé, à l'exclusion du présent, est plus faible, toutes choses égales d'ailleurs, que l'image d'une chose présente; et par conséquent toute passion qui a pour objet une chose présente ou passée est plus faible qu'une passion dont Tobjet existe présentement.

Propos. 10. Nous sommes plus fortement affectés à Végard d'une chose future que nous imaginons comme prochaine que « nous imaginions son existence comme éloignée du temps présent, et le souvenir d'une chose dont l'existence est récente ^wus affecte aussi avec plus de force que si nous imaginions qu'elle est disparue depuis longtemps.

Démonstr. En efifet, en tant que nous imaginons une chose comme prochaine ou comme récemment disparue, tt est de soi évident que l'acte de notre imagination exclut moins l'existence de cette chose que si nous imaginions son existence future comme éloignée ou son existence passée comme récente; et, en conséquence (par laprecéd. Propos.)^ nous serons affectés plus fortement à son égard. C. Q. F. D.

ScHOL. n suit de ce qu'on a remarqué après la Défin. 6« part. 4, que quand des objets sont éloignés de nous par DQ intervalle de temps trop grand pour que notre imagination le puisse déterminer, bien que nous comprenions qa^ sont séparés les un des autres par un long intervalle de temps, les passions que nous éprouvons à leur égard sont également faibles.

Propos. 11. Notre passion peur un objet que nous ima^ pwms comme nécessaire est plus forte^ toutes choses égaler failleursy qu'elle ne serait pour un objet possible ou contins jent, en d'autres termes, non nécessaire. [

DÉMONSTR. En tant que nous imagmou^ \wûl^ ç)ùû^^

comme nécessaire, nous aflELrmons son existence , et au

contraire, nous nions Texistence d'une chose en tanfe;:: que nous Timaginons comme non nécessaire {par /^s SchoL 1 de la Propos. 33, part, i); d'où il suit(;?a;' /em Propos. 9, part. 4) que notre passion est plus forte, toute ^ choses égales d'ailleurs, pour un objet que nous ima^^-.ginons comme nécessaire que pour un objet qui ne l'e^^t pas. C. Q. F. D.

Pbopos. 12. Notre passion est plus forte, toutes cho^^^^s égales d'ailleurs y pour un objet que nous savons ne pas exist^=:r présentement et que nous imaginons comme possible quepo-^^r un objet contingent.

DÉMONSTR. En tant que nous imaginons un obj et comme contingent, nous ne sommes affectés de l'ima^s^ d'aucune chose qui pose l'existence de cet objet {par da Déf. ^ y part. 4), et au contraire {suivant l hypothèse), nous imaginons certaines choses qui excluent son existence présente ; d'un autre côté, en tant que nous inaa* ginons ce même objet comme possible dans l'avenîTi nous imaginons certaines choses qui posent son existence {par la Déf. 4, part. 4), c'est-à-dire {par la PrO" pos. 18, part. 3) qui alimentent dans notre âme l'espérance ou la crainte; d'où il suit que notre passion pour vn objet possible est plus forte. C. Q. F. D.

CoROLL. Notre passion pour une chose que nous savons ne pas exister présentement et que nous ima^nons comme contingente est beaucoup plus faible que si nous imaginions la chose comme nous étant présente.

DÉMONSTR. Notre passion pour un objet que nous imaginons comme présent est plus foile que si nous l'imaginions comme futur {par le Coroll. de la Propos. 9, part. 4), et elle est d'autant plus énergique que nous imaginons Tintervalle qui la sépare du présent comme plus petit {par la Propos. 10, part. 4). Par conséquent, notre passion pour une chose que nous imaginons dans un avenir lointain est beaucoup plus faible que si nous l'imaginions dans le présent, et cependant {par la Pro-

Page 1