IV. Les Cantiques
Selon le sentiment des personnes savantes et pieuses, il y a dans ces livres presqn'autant de mystères que de paroles; mais il ne s'en faut pas étonner, puisque, comme Nieéphore le dit de saint Denis Paréopagile, il a trailé delà plus liante contemplation des eboses divines, et qu'il en a parlé avec des sentiments si sublimes, et d'un style si relevé, qu'ils surpassent la poriée de l'esprit humain et la rapacité de ceux qui n'ont pas l'expérience de la théologie mystique. C'est pourquoi quelques-uns comparent ce nouveau dncieur, qui pénètre si profondément dans les secrets du ciel , avec cet ancien théologien. En effet, il a imité saint Denis, nonseulement en la matière de ses livres, mais encore en leur titre, puisqu'il a écrit de la théologie mystique, secrète et cachée. L'un a composé des hymnes, et l'autre des cantiques. Nous pouvons donc les nommer tous deux, avec saint Jean Chrysostôme, des oiseaux de Paradis; avec saint Atbanase, le grand docteur en celte théologie; et avec Sanctinus , l'h «me extraordinairement éclairé de la foi. I
LA MONTEE
DU
MONT-CARMEL
ARGUMENT
La matière que je traite en la montée du Mont-Carmel, est renfermée dans les vers suivants, qui contiennent aussi la manière d'arriver au sommet de celte montagne, c'est-à-dire, à l'état sublime de la perfection chrétienne que nous appelons l'union de l'âme avec Dieu. Et parce que les choses que j'ai à dire sont fondées sur ces vers, je les rapporte ici tous ensemble, aGn que ce que j'écrirai soit plus facile à comprendre. De sorle, néanmoins, que quand j'expliquerai ces cantiques , je donnerai l'intelligence de chaque vers, selon que la matière l'exigera.
En una nochc escura,
Con ansios amores inflamada,
0 dichosa ventura!
Sali sin ser notada,
Estando y a mi casa sossegada,
A escuras, y segura
Por la sécréta escala diffrazada,
0 dichosa ventura !
A escuras y enzelada,
Estando ya mi casa sossegada,
En la noche dichosa,
En secreto que nadie me veia,
Ni yo mirava cosa,
Sin otra luz ni guia,
Sino la que en el coraçou ardia.
Aquesla me guiava Mas 'certo, que la luz de medio dia,
s. th. m.
Pendunt une nuit obscure, enflammée 'd'un amour inquiet, ô l'heureuse fortune ! je suis sortie sans être aperçue, lorsque ma maison était tranquille.
Etant assurée el déguisée, je suis sortie par un degré secret, ô l'heureuse fortune ! El étant bien cachée dans les ténèbres, lorsque ma maison était tranquille,
Pendant cette heureuse nuit, je suis sortie en ce lieu secret où personne ne me voyait, el où je ne voyais rien, sans attire guide el sans autre lumière, que celle qui luisait dans mon cœur.
Elle me conduisuil plus sûrement que la lumière du midi, au lieu où celui quinte connue
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LETTRES Dl I'. IIEKTHIER
Àdonde me esperiva.
Quien yo bien me sabia,
En parle, donde nad ic parecia.
0 noclie que çuiaste,
0 noebe amaiile mas que el alboradu,
0 noebe que juoUSte
Aiuadocoii amada,
Apjada en el amado transforiuada.
En mi pecho florido, Que eutero para el soloseguarda\a Alli qaede dormido,
Y vo le regalava,
Y el \entallede cedros ayre da\a.