AUTRES ÉLOGES
Tirés des ouvrages de quelques écrivains du royaume deTol'ede, pur don Thomas Ta~ majo de Vargas, Historiographe du liai.
Fr. Jean dé ta Croix, ou d'ièpes.
La ville d'Ièpes a loujonrs élé mise avec raison entre les plus célèbres du royaume de Tolède. En effet, si on considère son origine, les plus savants se persuadent qu'elle a reçu son nom de la ville de Joppe, des Hébreux ou des Phéniciens, de laquelle Josué, Dénis, Pline et Solin ont parlé. Quelques autres soutiennent avec sujet qu'elle est celle Hippone qui est proche de Tolède, et dont Tite-Livc a fait mention. Elle est si abondante eu toutes sortes de fruiis, qu'il n'en est point qui li surpasse ; et elle a eu plusieurs hommes illustres eu savoir et en vertu. Entre ceux-là, l'illustrissime et Révérendissime Seigneur don Diego d'Ièpes a élé des plus éclatants en pié'é, en science et en crédit. 11 était de l'ordre de Saint-Jérôme, conseiller d'étal de Philippe II, roi d'E*pigne,et son confesseur, qui l'honora del'évèché de Taragone. Il a écrit aussi les combats cl les victoires des Martyrs d'Angleterre, et a fait un bel ouvrage de la grande sainteté de sainte Théiè-e. Le Père Rodrigue d'Ièpes du même ordre, a imité son zèle, en donnant au publie, non-seulement l'Histoire de quelques saints d'Espagne, mais encore celle de ses rois. Don Diego d'Ièpes, Prêtre de Tolède, a fait un grand Traité des Œuvres de miséricorde, et de quelques aulrcs venus, et a traduit en notre langue saint Augustin et Paul Orosius. Le l'ère Antoine d'Ièpes ne leur est point inférieur en docirine, en esprit, ni en ouvrages. Il pril, dès ses plus tendres années, l'habit de saint Benoit; et, brûlant d'un grand désir de faire paraî:re les belles actions des anciens Religieux de cet ordre célèbre , il en a composé l'Histoire en sept lomes, avec un soin ei un travail extraordinaires : ouvrage incomparable ei digne d'une éternelle mémoire.
Mais le V. P. Jean de la Croix, leur illusire parent, les surpasse tous sans difficulté. Il a pris au lieu du nom de Jean d'Ièpes, celui de Jean de la Croix, lorsque quittant sa famille, il entra dans celle dos Carmes, et jeta les fondements de la réfoime avec la généreuse et sainte Mère Thérèse de Jé-us. Son pète s'appelait Gonzalve d'Ièpes, qui était le nom de sa pairie. Sa mère était Catherine Alvarez, de Tolède, tuus deux d'honnêles familles. H a eu deux Irères, François, qui est mon à MéJine-duChamp, eu opinion de saint clé, et Louis, que Dieu a relire de ce monde en bas âge. Le plus jeune en notre Jean, qui a donné auianl d 'éclat àla ville d'Ilontihère, que la sainte Mère Thérèse en a donné à Avtla, lieu de sa naissance. On ne saurait assez admirer sa très-sainte vie. Mais comme je ne veux pas la donner ici en raccourci, de peur d'en flétrir les beautés, je la laisserai écrire à ceux qui
LA MONTÉE DU MONT CARMEL
veulent, en la publiant, obliger la postérité. Il me suffit de dire que ses Ouvrages spirituels ont été imprimés plusieurs fois; qu'on les estime extrêmement; qu'on y a fait des notes et de petits commentaire?, et que les étrangers les ont traduits en leur langue. Ceux que nous avons entre les mains sont :