CHAPITRE DIXIÈME
Du quatrième dommage (/ne l'âme reçoit des connaissances distinctes et surnaturelles de la mémoire, et qui consistée empêcher son union avec Dieu.
.'ai peu de choses à dire de ce quatrième dommage, en ayant beaucoup parlé dans ce livre, où j'ai montré que l'âme doit renoncer à toutes les idées de la mémoire, pour arriver par l'espérance à l'union divine-, parce que, pour fixer uniquement son espérance en Dieu, on ne (i.iit rien retenir en la mémoire que ce qui est Dieu même. Mais comme les images, soit naturelles ou surnaturelles qui peuvent rester dans la mémoire ne sont pas Dieu et n'ont rien de semblable à Dieu, il est constant que tout ce que la mémoire tâchera de s'imprimer fera un obstacle à l'âme pour s'unir à Dieu; qu'elle s'embarrassera ellemême, soit parce que plus elle possédera, moins elle aura d'espérance parfaite. Il est doue nécessaire qu'elle s'occupe à oublier les idées que la mémoire conserve, afin de s'unir à Dieu par l'espérance sans aucun •mpêchement.