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LA MONTEE DU MONT CARMEL
ter en ceci arec crainte et avec précaution , de peur qu'aimant trop ces qualités naturelles, il n'offense Dieu. De sorte que s'il est orné luimême de ces dons, il n'en soit ni vain , ni fier, ni présomptueux , et qui! n'en prenne jamais occasion de se séparer de Dieu. Ces avantages font si facilement tomber ceux, qui les possèdent eux-mêmes, ou qui les admirent dans les autres, qu'à peine en trouve-t-on qui résistent à leurs attraits et qui se dépêtrent de leurs pièges. De là vient que plusieurs personnes spirituelles et vertueuses que nous avons vues et connues, ont obtenu de Dieu, par leurs prières continuelles , d'être dépouillées de tous leurs dons naturels, de peur d'en concevoir de l'orgueil et de la complaisance, ou d'en faire concevoir aux autres.
Ainsi l'homme de bien qui veut épurer sa volonté en la privant de ce contentement inutile, doit regarder les qualités naturelles comme la pi.UïSière de la terre, et la beauté, la bonne grâce, l'agrément, comme la fumée de l'air. 11 faut ensuite qu'il élève son cœur à Dieu, et qu'il se réjouisse de ce que cet Etre infini contient éminemment toutes ca perfections; et de ce que, comme dit David, elles se passeront, elles s'évanouiront ; il ne changera jamais, il sera éternellement immuable | Psal. CI, 27). S'il en use autrement, il se trompera soi-même, et il méritera qu'un lui dise avec Salomon : Pourquoi vous imposez-vous à vous-mêmes, en cherchant du plaisir dans les créatures (Eccle., Il, 2)?