LIV. UI. CHAP. XXVIII
rations et de ses desseins. C'est à ce propos que le prophète Michée parle : Ils appellent bien, dit-il, le mal que leurs mains font ( Mich., VII, 3). C'est-à-dire ils s'imaginent que ce qu'il y a de mauvais dans leurs actions, leur est avantageux. Ce qui vient de ce qu'ils ont plus à cœur leur propre satisfaction, que le bon plaisir de Dieu. 11 faudrait un discours trop long pour représenter l'empire que ce dommage exerce sur les personnes spirituelles et sur ceux qui mènent une vie commune, et pour dire en détail tous ces pernicieux effets. A peine se Irouveral-il un homme qui vaque aux actions saintes en vue de Dieu seul, et non par la recherche secrète des douceurs intérieures, ou de quelqu'autre intérêt passager.
Le septième consiste à rendre celui qui n'étouffe pas cette vainc dilectation, incapable de prendre conseil et de suivre des instructions raisonnables et salutaires dans l'exercice des bonnes œuvres. L'habitude qu'il y a de s'y ménager du contentement, l'affaiblit et le tient lié si étroitement, qu'il juge que le sentiment des autres n'est pas le meilleur; ou s'il l'estime le plus conforme à la raison et à la vertu, il n'a pas assez de courage pour le réduire en pratique. Ces sortes de gens sont encore bien froids en l'amour de Dieu, et bien lâches en la charité du prochain, parce que l'ardeur de l'amour-propre qui les échauffe en leurs entreprises louables, éteint celte vertu dans leur cœur.