‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 261 sur 448 · LIVRE III. CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE XLI

choses que venons d'expliquer, il souffre plusieurs dommages inférieurs et extérieurs. Quant à l'esprit, jamais cet homme ne possédera une entière récollection à laquelle on arrive lorsque l'âme sort des choses créées, s'affranchit des joies sensibles , se retire dans son intérieur, et travaille de toutes ses forces à acquérir les vertus.

Pour l'extérieur, cet attachement est cause qu'il ne peut faire commodément son oraison en toutes sortes de lieux, mais en ceux-là seulement qui flattent ses inclinations et son goût. Et ainsi il omet souvent sa méditation.

De plus, le désir et la jouissance de ces contentements sensibles sont la source d'une infinité de changements. Ces gens-là ne demeurent pas longtemps dans le même endroit, et ne persévèrent pas dans le même genre de vie. Vous les verrez tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre. Ils se retirent quelquefois dans une cellule écartée, et quelquefois dans une autre. Ils font ici un oratoire , ils en dressent là un autre. Il y en a aussi quelques-uns d'entre eux qui consument toutes leurs années à prendre et à quitter de nouveaux états de vie et de différentes manières de vivre. N'étant soutenus dans la vie spirituelle que d'une ferveur et d'une satisfaction sensible , et ne s'étant jamais l'ait violence pour entrer dans un parfait recueillement par l'abnégation de leur volonté et par leur soumission aux souffrances , ils abandonnent le lieu de leur demeure et l'étal de leur vie , aussitôt qu'il se présente un nouveau genre de vie et un nouveau lieu conforme à leur dévotion, à leur goût et à leur humeur. El parce qu'il n'est rien de plus sujet au changement que le goût et la dévotion sensible , ils courent après les nouveaux genres de vie et les nouvelles demeures , comme les enfants courent après les papillons.

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