LIVRE I. CHAPITRE I
Elle ajoute qu'elle a fait cette sortie pendant une nuit obscure, entendant par là une espèce de contemplation qu'elle appelle purgation, parce qu'elle produit en l'âme le renoncement d'elle-même et des choses passagères. Elle assure qu'elle n'a pu sortir de la sorte que par la force et l'ardeur que l'amour de son époux lui a communiquées dans cette obscure contemplation. Et c'est ici où elle exagère les avantages de son sort, qui sont si grands, quelle est allée heureusement à Dieu pendant cette nuit, sans que le monde, la chair et le démon, ses ennemis, aient pu l'empêcher d'atteindre à son terme : parce que la nuit de cette contemplation, c'est-à-dire la mortification qu'elle a pratiquée en contemplant les choses diviues, a étouffé toutes ses passions et tous leurs mouvements.