‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 277 sur 448 · LIVRE I. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE IV

des enfanls à qui on pend au cou de petits grelots d'argent, ou d'autres bagatelles, pour les amuser : ce que je ne puis m'empêcher de i] ;.' désapprouver, à cause de l'attachement de cœur qu'ils ont pour ces choses, quoique bonnes d'elles-mêmes. En effet, elles sont opposées à la pauvreté spirituelle, qui regarde principalement la substance de la dévotion et les objets qui nous y portent, et qui néglige la multitude et sf^| la curiosité de ces choses extérieures, surtout parce que la véritable dévotion doit venir du cœur, et ne faire état que de la vérité et de la £ : solidité des choses intérieures. Car le reste étant plein de propriétés et de défauts, il est nécessaire d'en éteindre le désir, pour s'élever à la solide perfection. Certes, j'ai connu une personne d'un bon sens et d'une grande prudence, qui a porté plus de dix ans une croix faite <£% grossièrement du bois d'un rameau bénit, à qui je l'ôtai pour l'en détacher; j'en ai vu une autre qui se servait îivec attache d'un rosaire fait d'os de poisson. Il est toutefois certain que leur dévotion n'a pas été de {s*li moindre valeur devant Dieu, puisque ce n'était ni l'art, ni le prix de ces choses qui l'excitait en leur âme.

Or, ceux qui vont par le droit chemin à la perfection n'ont aucun ^f penchant pour ces sortes d'instruments; ils n'en font point d'amas; ils $*$ ne veulent savoir que ce qu'il faut pour agir saintement en toutes cho- Hj°* ses; ils ne regardent, ils ne désirent que cela. Pour cette cause, ils dis- ^ tribuent aux autres ce qu'ils possèdent, et se font un vrai plaisir de se dépouiller de tout pour l'amour de Dieu et du prochain. Ils ne sont en- j£f fin animés que du désir d'acquérir la solide vertu, de plaire à Dieu à ; cause de lui-même, et de se déplaire à eux-mêmes à cause de leurs ^ défauts.

L'âmé ne peut cependant sortir de ces imperfections, ni des autres vices, avant que Dieu l'ait mise dans la nuit obscure, dont nous parlerons, pour la purifier. Il est pourtant nécessaire que l'âme s'efforce, autant qu'elle peut, de se purifier elle-même, afin qu'elle mérite, en quelque façon, de recevoir de Dieu la médecine qui la guérisse de toutes les maladies spirituelles auxquelles elle n'a pu elle-même apporter '%>£' remède. Car, quoiqu'elle travaille de toutes ses forces, elle ne pourra, par son industrie et par son activité, se purifier de telle sorte qu'elle *>=# soit tant soit peu disposée et propre à l'union du parfait amour avec ^ Dieu, s'il ne lui donne lui-même la main pour l'élever, et s'il ne la st* purge dans le feu qui paraît obscur à l'âme, de la manière que nous le |H| dirons. %% »«

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