‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 30 sur 448 · LETTRES XXXVI-XXXIX · texte numérisé non relu

LETTRES XXXVI-XXXIX

Ne pensez pas, mon père, comme je vous l'ai écrit autrefois, que l'on trouve l'argent et les qualités réunis ; je vous le dis , si je ne m'étais arrangée du petit nombre de celles qui se sont présentées, vous n'auriez pas aujourd'hui des religieuses ayant de l'argent et d'autres des qualités.

NOTES

Gracianse faisait scrupule d'admettre une postulante, qui n'avait pour elle que ses bonnes qualités. La Sainte le décide en l'éclairant des lumières de son expérience.

Pensez, mon père , que pour les maisons que j'ai fondées, je n'ai passé que peu de choses qui ne me convenaient pas , le moins que j'ai pu, mais il faut souffrir quelque chose dans de pareilles nécessités.

La Sainte lui fait observer que nécessite passe loi.

Je n'ai pas regardé comme un mal cette contestation : je prends plutôt plaisir à une telle contradiction, c'est un signe qu'il y va singulièrement du service de Dieu.

NOTES

Elle rappelle ici sa maxime , que l'œuvre de Dieu ne passe jamais sans contradiction. Rien n'a moins besoin de preuve. Qu'on jeiie les yeux sur les persécutions auxquelles la vérité, la religion et (a vertu lurent toujours et partout en butte.

Antoine Gaytan est venu ici ; il est venu demander que l'on reçoive pour Alva sa petite GUe qui doit avoir l'âge de ma petite Isabelle. Les religieuses me marquent qu'elle est extrêmement bien. Son père lui fournira des aliments et ensuite il lui donnera tous ses biens immatrimoniaux que l'on estime six ou sept cents ducats, et même plus. Ce qu'il fait pour cette maison et ce qu'il a fait pour l'ordre est inappréciable. Je vous en prie, mon père, ne négligez pas de m'envoyer votre autorisation ; de grâce, envoyez-la moi au plus tôt. Je vous assure que les anges nous édifient et nous donnent un grand plaisir. S'il y en avait un et pas de plus dans chaque maison , je n'y verrais pas d'inconvénient, mais plutôt de l'avantage.

NOTES

La Sainte voyaitplutôt un avantage qu'un inconvénient à ce qu'on reçût dans chaque maison une seule petite fille, comme la petite Gaytan, qui fut admise à Alva, comme la petite Tliérèse l'avait éiéà Avila.et la petite Isabelle, sœur de Gracian, à Tolède^ Hors ces trois on n'en prit pas d'autres. Défense en lut faite à l'assemblée de looo.

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LETTUE3 XL-XLIII.

Elle conseille de laisser quelque rente à la maison de Médina, et elle dit : « Mon père, pour l'amour de Dieu tenez-vous toujours pour averti sur ce point, si vous ne voulez pas voir périr vos maisons ; car tout va en enchérissant, et elles ont besoin de treize cents francs de rente pour n'èlrc pas pauvres, et si on les réduisait à ce qu'on leur donne, elles mourraient de faim, n'en doutez pas. »

NOTES

La Sainte distingue deux états, sous le rapport de la subsistance, dans la vie religieuse : ou on a le nécessaire ou on est tout à fail à la charge de la Providence. Avec le nécessaire on a plus de lilierlé pour le service de Dieu. Dans la pauvreté absolue, ou l'on vil dans la perfection, et alors la pauvreté ne nuit pas , ou on tombe dans le relâchement, et si la maison tombe c'est un petit malheur ; il y aura toujours assez de monastères relâchés, comme elle le dira dans le morceau suivant, auquel

servira cette note.

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