HB1! II. CHAPITRE VII
mes entrailles. Je suis tombe dans ?»i abîme plein rie boue et sans fond; je suis descendu dans les gouffres de la mer, parce que la tempête m'y a fait couler ; j'ai crié de toutes mes forces, et je me suis enroue: mes yeux se sont épuisés en s' attachant sur vous , mon Dieu , parce que j'ai mis toute mon espérance en votre bonté (Psal. LXV1II, 1, 2, 3, h-).
Dieu abaisse beaucoup l'âme afin qu'il l'élève ensuite beaucoup; et, s'il ne modérait promplement les sentiments que l'âme a si vivement imprimés en l'esprit, elle abandonnerait son corps en peu de jours; mais le l'eu de ces peines ne se fait sentir que de temps en temps , et non pas continuellement. 11 est néanmoins quelquefois si violent, que l'âme croit voir l'enfer ouvert sous elle et tout prêt à l'engloutir. Ces sortes de gens sont du nombre de ceux qui descendent tout vivants dans les enfers et qui y sont purifiés comme dans le purgatoire, puisque c'est là celte purgation que chacun doit faire de ses fautes, quoiqu'elles ne soient que vénielles. Ainsi on peut dire, avec probabilité , qu'une âme qui a passé par ce purgatoire spirituel, ou n'entrera pas dans le purgatoire de l'autre monde, ou n'y demeurera pas longtemps ; car une beufe qu'elle passe dans le premier purgatoire lui profite davantage, à cause des mérites qu'elle acquiert et de la satisfaction qu'elle fait à la justice divine, que plusieurs heures ne lui serviraient dans le dernier purgatoire, parce qu'elle n'y mériterait plus , et que Dieu ne lui remettrait rien de ses souffrances.