CHAPITRE HUITIÈME
De quelques nouvelles souffrances de l'âme, tandis que cet état dure.
Il se trouve en cet étal une nouvelle peine, qui est que cette obscur,' nuit lie les puissances de l'âme et étouffe ses affections, de telle sorte qu'elle ne peut élever son esprit à Dieu, ni lui demander aucune chose. Il lui semble que, comme le dit Jérémie. Dieu s'est couvert d'un ■nuage, pour empêcher son oraison de passer jusqu'à lui Thren., III, W) , et qui! lui a fermé le chemin de grosses pierres carrées {Ibid. , 9), de peur qu'elle ne puisse aller jusqu'à son trône. Que si elle lui fait quelques prières, c'est avec tant de sécheresse et si peu de dévotion, qu'il lui paraît que Dieu ne l'écoute pas, et qu'il la néglige, pouvant dire avec le Prophète : Lorsque je l'ai prié, il a rejeté ma prière (Ibid. , 8). Si bien qu'il est utile, en ce temps-là, de se prosterner jusqu'à terre, et de mettre , comme parle Jérémie, la bouche dans la poussière (Ibid. , 29), en supportant patiemment cette épreuve purifiante. C'est Dieu qui fait cette opération dans l'âme, et l'âme ne peut agir, ni prier, ni s'appliquer avec attention aux choses divines; elle ne saurait même