‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 317 sur 448 · LA MIT OBSCUBE DE LAME · texte numérisé non relu

LA MIT OBSCUBE DE LAME

s'occuper des affaires temporelles, et souvent elle est hors d'elle-même, et perd la mémoire de toutes choses, de telle sorte qu'elle passe plusieurs heures sans savoir ce qu'elle a fait; elle ignore aussi quelquefois ce qu'elle fait ou ce qu'elle doit faire, et n'est presque pas attentive à ses actions, quelque effort qu'elle fasse pour l'être.

Mais parce que l'entendement est plus purifié de ses connaissances imparfaites , et la volonté dégagée de ses affections déréglées , et la mémoire dépouillée de ses espèces, il faut que l'âme soit comme anéantie en tout cela , pour accomplir ce que disait David en cet état : J'ai été réduit au néant, et je ne m'en suis pas aperçu. Cette ignorance renferme l'oubli de la mémoire, et alors les abstractions et les transports de l'âme naissent du recueillement intérieur où cette contemplation la plonge. Il était avantageux que l'âme fût absorbée avec toutes ses puissances, dans cette divine et obscure lumière de la contemplation infuse, et qu'elle fût ainsi séparée des créatures, afin qu'elle fût disposée et proportionnée en quelque manière à l'union de Dieu. En sorte que plus celte lumière est pure, plus elle obscurcit l'âme, et la vide de ses affections particulières pour les choses, soit célestes, soit terrestres ; au contraire, moins elle est pure, moins elle prive l'âme de ses opérations, et moins elle lui paraît obscure.

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