‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 323 sur 448 · PS · texte numérisé non relu

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rompue et s'affaiblit ; et alors elle jouit du fruit qu'elle en tire.

Cinquièmement , la même comparaison nous fait encore concevoir comment les âmes, après avoir goûté ces petites consolations, retombent dans de nouvelles souffrances plus grandes que les premières. Car comme le feu, plus il pénètre dans le bois, plus il consume le dedans

£* jusqu'à la moelle : de même après que le feu de l'amour a purgé l'âme de ses défauts extérieurs , il entreprend ses imperfections plus inté—

^^ rieures , plus spirituelles, plus subliles ; il les consume; et par celte action plus vive, il afflige l'âme d'une manière plus Gxe , plus aiguë et

|£|j plus pénétrante.

En sixième lieu, nous inférons de ce principe, que quoique l'âme ait des intervalles de joie qui lui font espérer que ses afflictions ne reviendront plus . toutefois elle sent toujours en elle-même je ne sais quel fond qui l'empêche de goûter pleinement ce plaisir. 11 lui semble entendre je ne sais quoi qui la menace d'une nouvelle peine. Elle voit

iP* bien qu'il r^ste encore dans son intérieur quelque chose à purifier, et que c'est de là que ses nouvelles douleurs doivent naître. Elle est en

|*£ cela semblable au bois , où l'on dislingue d'avec ce qui est brûlé dans

les parties extérieures, ce qui reste à brûler dans les parties inté— rieures. Cependant, lorsque celte purgalion spirituelle se fait dans ce nue l'âme a de plus intime, l'âme, pénétrée de nouvelles douleurs , ne Toit plus en elle aucun bien, et désespère de rentrer en possession de

'.£* ceux dont elle jouissait auparavant. jj^j

Nous passerons maintenant à l'explication du second vers de ce pre- &*

mier cantique, pour montrer les fruits que l'âme recueille de ses souf- §-*

*** frances. 8 %

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