CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME
Explication du troisième vers du second cantique
0 l'heureuse fortune !
On voit maintenant combien l'âme est heureuse d'avoir évité les embûches et la violence du démon, du monde et de la chair ses ennemis, et d'avoir obtenu la liberté d'esprit qui est si chère nus bonnes âmes. Elle est montée des choses les plus basses aux plus hautes; elle est devenue de terrestre toute céleste, et d'humaine toute divine. Elle ne converse plus que dans le ciel, comme font ceux qui sont parvenus enfin à l'état de perfection et d'immortalité. On peut dire encore que le sort de celte âme a été extrêmement fortuné, non-seulement à cause des biens que nous venons de remarquer, mais aussi parce qu'elle trouve une retraite qui l'affranchit de tous les efforts de ses adversaires, comme elle le dit dans le vers qui suit.