‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 36 sur 448 · LU · texte numérisé non relu

LU

Je loue Notre-Seigneur de ce que M. Jean de Ovalle va mieux par ce temps humide : qu'il plaise à sa divine majesté d'en prendre pitié. Ma fièvre quarte me reprend, et ce qu'il y a de pis c'est que mes douleurs de ces hivers passés reviennent aussi ; j'en ai bien peu dormi la nuit dernière. Je crois qu'on va me saigner encore. Sans doute Dieu en ordonne de la sorte; pour qu'on ne voie pas que j'ai gagné cela à l'Incarnation... La vérité est que c'est là que m'est venu ce dérangement, dont je me suis depuis toujours ressentie. Peut-ètreme reprendrai-je ici et déjà les douleurs sont beaucoup moins vives qu'elles ne l'étaient làbas, et lors même qu'elles le sont autant, j'ai mieux la force de les supporter. Les affaires de Pierre de la Bande sont en bon état, cependant je crains que nous ne soyons un peu en retard. Lorsque j'aurai achevé la vérification, j'irai voir les ouvriers qui n'ont pas terminé. Il semble que Dieu veut que je reste ici, car il n'y a personne dans fa maison qui entende l'ouvrage ni les affaires. Nous avons donné hier l'habit à une demoiselle de bonne famille ; je crois qu'elle aura quelque chose, et même beaucoup , et qu'elle nous viendra en aide. C'est une personne faite exprès pour nous gloire à Dieu), que la fille de Martin d'Avila Maldonné. Il en est de même de dona Yoniar de Ledesma, sa mère; c'est un grand bonheur. Elle est très-contente et on ne l'est pas moins d'elle ici. Je me recommande bien à M. Jean de Ovalle que je prie de prendre cette lettre pour lui, et aux sœurs , mes filles. Dona Antoinette se recommande à elles, elle est guérie de sa fièvre et se porte déjà bien. La prieure se recommande aussi à vous ; moi, à ces sœurs et à la mineure; je ne crois pas pouvoir lui écrire et je n'ai en ce moment rien à lui dire, si ce n'est de me recommander à Dieu. Que sa divine majesté me la rende sainte. Que le Seigneur vous paie les services que vous me rendez, et dont la raison que vous me donnez est excellente, puisque c'est parce que j'en ai besoin. J'ai éprouvé une vive joie de l'amélioration de la santé de M. Jean de Ovalle et de ce que vous continuez, ainsi que ces anges , à jouir d'une bonne santé.

NOTES

L'original de ce fragment se trouve chez les déchaussées de Logrono. Il serait de

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4573, et il~aurait été écrit à Salamanque. Après avoir parle de ses frères, elle donne un bulletin de sa santé, qui n'a jamais rien valu.

Les affaires de Pierre de la Bande étaient l'acquisition d'une maison du majorât de ce cavalier, laquelle donna longtemps de l'ouvrage à la Sainte, qui ne put venir à bout de l'avoir. Après avoir dhigé elle-même avec les officiaux des travaux pour la convertir en couvent, elle eut la douleur de la voir séculariser.

Eléonore de Jésus était déjà morte, lorsqu'on obtint la séparation des provinces. Nous ne connaissons ni dona Antoinette, ni la mineure ; il n'en est pas de même des deux anges, qui étaient Gonzale et Béatrix.

nu.

Pour Roch de Huer ta.

Arrivée hier à l'Escurial , je croyais parler aujourd'hui au roi ; il faut mettre la plus grande attention à ne rien avancer qui n'ait été exactement vériGé, lorsqu'il s'agit des faits dont on donne la relation au nonce ; car j'ai remarqué qu'il y a bien des choses de fait qui ne sont pas de droit. C'est sur l'article de la province qu'il y a surtout à prendre garde.

NOTES

Ce billet était à l'adresse de Rocb de Huerta , connu par plusieurs lettres de la Sainte. Il y est question de quelque mémoire où la Sainte recommande une scrupuleuse exactitude. Son avis témoigne de sa prudence et de son amour pour la vérité. On était alors dans de grandes agitations.

Pour des personnes inconnues.

Vous deviez faire moins de cas de mon avis : je me connais peu à la chicane et je voudrais voir tout le monde en paix. Mais pour ce point, si on l'abandonne, je crois qu'il s'ensuivra de plus grands différends ; il suffirait que ce fût le sentiment de M. le comte de Tendille.

NOTES

Sainte Thérèse devait beaucoup au comte de Tendille, qui lui avait donné de nombreuse» preuves de son zèle pour la réforme qu'elle méditait.

Il me semble que maître Cordova est cousin du P. frère Alonzo Hcrnandez, et je ne sais, puisqu'il le retient auprès de lui, comment il ne l'avertit pas de la manière dont vont les choses. S'il a reçu la réponse du prieur à sa seigneurie, il faudra qu'il parte avant que celui-ci n'arrive ; sinon marquez-moi si on donnera la lettre à l'archidiacre. Mais avant de laisser expirer la cédule royale, on peut, au surplus, en se désistant, s'entendre tout d'un coup. Hâtons-nous donc. Le P. Diego Pérez pourra donner en ce sens sa réponse à sa seigneurie, et, de son côté, l'archidiacre ne pourra en faire une aussi convenable, et il vaut mieux éclaircir encore celte affaire. Dieu veuille que votre santé aille mieux que je ne le crains.

NOTES

Ce morceau est extrait d'une lettre conservée en entier, dont on ne peut lire le reste. On ne peut savoir à qui, ni de quoi parle la Sainte. C'était bien la peine de faire une note; mais il vous faut des notes. Si vous ne les lisez pas, de quoi vous plaignez-vous? et si vous les lisez, seriez-vous fâché qu'elles ne soient pas toutes égales? Songez que toutes les ruches sont également des ruches , mais |quc toutes les ruches ne sont pas égales.

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Que l'Esprit-Saint soit avec vous et qu'il vous rende la grâce quo vous m'avez faite aujourd'hui. Je m'étais promis de pouvoir vous entretenir, non pour me plaindre, car je n'en ai pas sujet , mais pour me consoler. Ayez la bonté, monsieur, de ne pas m'oublier dans vos prières : vous venez de me rendre votre obligée en soulageant la pauvreté de mes filles. Le Seigneur soit avec vous.

NOTES

La Sainte traite avec une personne à qui elle avait parlé et qui était partie sans avoir pris congé d'elle. Elle aurait voulu l'entretenir plus longuement, non pour lui faire des plaintes, mais pour en recevoir des consolations. C'est une gracieuse courtoisie. Cela passe toujours bien, ce n'est pas comme une vérité de diamant qui raie nos vices favoris.

Je suis extrêmement affligée des grandes offenses qu'on fait à Dieu, et j'ai pris des mesures pour qu'elle sorte de là. Plusieurs personnes éclairées m'ont dit qu'on y est obligé, et ne le fût-on pas, il me semble prudent de fuir comme une bête féroce, une femme passionnée dont la langue est déchaînée.

NOTES

il nous semble qu'il s'agit ici d'une affaire déjà connue par les notes des lettres xxviii et xlvi du tome 111, de l'éloignement d'Alva de sa nièce dona Béatrii, devenue Tobjet des calomnies d'une dame, furieuse de jalousie contre elle.

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Quant au principal chef de votre lettre, je ne puis en aucune manière vous accorder votre demande, ayant moi-même fait insérer dans notre constitution la clause expresse de n'admettre dans nos maisons aucune religieuse d'un autre ordre. Il y en avait et il y en a encore tant qui voudraient y venir que , bien que nous fussions bien aises d'en recevoir quelques-unes , il y aurait Irop d'inconvénients à ouvrir la porte à ces admissions. Je ne puis donc vous en dire là-dessus davantage ; car la chose ne peut se faire, et il ne sert de rien que j'aie un si grand désir de vous obliger en cela, si ce n'est à me faire de la peine.

NOTES

C'est un refus bien nioiivé. Qui va s'en plaindre? celle qui le fait.

C'est aujourd'hui le jour de saint Martin à qui j'ai dévotion, parce que dans cette huitaine j'ai reçu quelquefois de grandes grâces du Seigneur : je ne sais ce qui fait cela.

NOTES

Elle fait connaître sa dévotion au grand saint Martin et les grâces qu'elle a obtenues par son intercession , durant les octaves de sa fête.

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