‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 364 sur 448 · III · texte numérisé non relu

III

Mais quoi! s'il est certain, selon le sentiment de saint Grégoire, que quand l'âme désire sincèrement Dieu elie en jouit, comment s'afflige-t-elle comme si elle ne le possédait pas? Car si les anges ne sentent nulle douleur en désirant de voir Jésus-Christ, comme saint Pierre l'assure, parce qu'ils le possèdent , l'âme qui le possède aussi en le désirant , et qui le possède d'autant plus qu'elle le désire davantage , ne devrait-elle pas y puiser un plaisir égal à ses désirs et à sa possession ?

Pour répondre à celte question , il faut réfléchir sur la différence qui est entre la possession de Dieu par la grâce et la possession de Dieu par l'union de l'âme avec Dieu. La possession par la grâce n'est autre chose qu'une bienveillance mutuelle. La possession par l'union est une très-particu lière communication de Dieu à l'âme. Nous pouvons comprendre celle différence par celle qui se trouve entre les fiançailles et le mariage. Dans les fiançailles les deux parties sont d'accord; on fait le contrat, on donne quelques présents. Dans le mariage on y ajoute l'union et la communication de tous biens. De même après que l'âme s'est entièrement affranchie des créatures et des défauts de ses sens et de ses puissances, elle conforme sa volonté à celle de Dieu , et toutes deux ne semblent être qu'une volonté; de sorte que l'âme s'élève jusqui la pos; ession de Dieu par sa grâce : elle en reçoit de grandes faveurs et de grandes démonstrations d'amour et de tendresse.

Mais corr mie le roi Assuérus commandait qu'on préparât pendant un

Page 1