‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 363 sur 448 · I*T***IJ^II*I**MM · texte numérisé non relu

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Gi8 LA VIVE FLAMME DE L AMOUR.

vérité, mais qui ne le pénètre pas. Ce sont ces gens-là que l'ardeur et l'empressement de l'amour tourmentent horriblement, et qui ne peuvent subsister sans obtenir ce qu'ils aiment , ou sans perdre la vie.

Quant à la première caverne, c'est-à-dire l'entendement, son vide n'est autre que la soif ou le désir extrême de Dieu. Cette soif est si violente , que David la compare à la soif du cerf échauffé de sa course. Comme le cerf brûlant clc soif, dit-il. désire ardemment les fontaines d'eau rive, de même, 6 mon Dieu, mon âme vous désire et vous cherche ^Psal. XLI, 1). Le terme où celte soif tend toujours, sont les eaux de la sagesse divine, qui est l'objet de l'entendement.

La seconde caverne est la volonté dont le vide est une faim de Dieu si excessive, que l'âme en tombe en défaillance, suivant l'expression du roi-prophèle : Mon âme , dit-il , désire si ardemment de voir les palais éternels du Seigneur, quelle en est toute consumée (Psal. LXXXIII , 1). Celte faim regarde comme son but l'amour parfait où se bornent les vœux et les prétentions de l'âme.

La mémoire est la troisième caverne; son vide consiste à consumer l'âme et à la faire fondre dans les douceurs de la possession de Dieu , comme Jérémie le marque par ces termes : Je me souviendrai de vous, ô mon Dieu, et mon âme en séchera. En me remettant ces choses dans l'esprit, je relèverai mes espérances (l'hren., III, 20, 21).

La capacité de ces cavernes est donc fort profonde , puisque c'est Dieu qu'elle peut recevoir et contenir. Ainsi ce qui fait cette capacité est en quelque façon infini; je veux dire la soif de l'entendement, la faim de la volonté*, l'épuisement de la mémoire et la douleur de l'âme, à qui celte douleur parait d'autant plus grande qu'elle est en disposition d'être bientôt remplie de Dieu, qui peut être seul sa plénitude. Celte affliction est différente des autres peines. L'amour ne l'adoucit pas; au contraire, il l'aigrit d'autant plus qu'il est plus grand , et qu'il souhaite avec plus d'impatience de posséder Dieu, qu'il cherche et qui! attend à chaque moment.

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