‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 375 sur 448 · XV · texte numérisé non relu

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Le troisième aveugle qui conduit l'âme, c'est l'âme elle-même. Comme elle ne comprend ni ce qu'elle est, ni son état, elle se trouble, elle s'inquiète, elle se fait beaucoup de mal. Toute sa science et toute sa capacité naturelle consistent à opérer par les sens. C'est pourquoi lorsque Dieu la relire de cette activité pour la mettre dans le repos de la contemplation, elle croit être dans l'inaction ; elle fait de très-grands efforts pour reprendre l'exercice des actes exprimés sensiblement et étendus en toute leur force. Mais elle ne trouve, que de la désolation, au lieu des douceurs dont Dieu la nourrissait dans celte paix intérieure, dans ce silence spirituel et dans cette sainte oisiveté. Lors même que Dieu voudra quelquefois la retenir en ce repos, elle résistera opiniâtrement. L'imagination fera du bruit, l'entendement agira avec beaucoup de contention ; «"lie fera enfin ce que font les petits enfants que leurs mères veulent porter entre les bras pour leur épargner la peine de marcher. Us crient, ils pleurent, ils seglissentdeleur sein à terre; mais après tout, ils ne peuvent marcher et ne font qu'empêcher leurs mères de marcher. Ou bien l'âme ressemble à c "lui dont un peintre veut tirer le portrait, mais qui se remue sans cesse et qui ne lui donne pas le loisir de reraar-

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