TRENTIEME ET TRENTE-UNIEME CANTIQUES
Alas aves ligeras,
Leones, ciervos, gamos saliadores,
Montes, valles, riberas.
lll. S. TH.
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710 EXPLICATION UES CANTIQUES SPIRITUELS
Agnas, ayn s, ardores,
Y miedas de la hoehe *■ luiores.
Oiseaux qm met les ailes légères
Lions, cerfs, daims sautants, Montagnes, vaUées, rivages, Eaitr, venls, ardeurs, Cr imites, gardes de mat
Por las amenas liras,
Y canto di syrenas os conjuro, Uueccssea vuestras iras,
Y no loqueis al niuro,
Porque la Esposa duerma mas seguro.
Par les lyres agréables
El par le chant des $yrènes,je vous conjur
])'apniser votre colère.
Et de ne point toucher la muraille,
A /in que t'Epouse dorme plus sûrement.
L'Epoux entend par les harpes et par le chant des syrènes, les délices et la douceur dont l'âme est remplie dans celle éminente union. Mais afin que rien ne trouble ces plaisirs divins , il arrête les égarements de l'imagination, il calme les appétits irascible et concupiscible avec tous leurs emportements , et les soumet à l'empire de la raison : il donne aussi un juste tempérament à sa douleur, à sa joie, à sa crainte , à son espérance ; il règle son entendement , sa mémoire et sa volonté ; il la délivre enfin de tous les empêchements qui pourraient s'opposera son entière satisfaction.
Oiseaux qui avez les ailes légères.
Dans ces deux cantiques l'Epoux divin parle aux oiseaux, aux lions, aux cerfs, aux daims, aux montagnes , aux vallées , aux autres choses qui représentent les divers obstacles que l'âme souffre dans son saint commerce avec Dieu , pour les conjurer de ne pas interrompre sa joie. H commence par les oiseaux, qui signifient les opérations de l'imagination ; car ces opérations sont aussi légères que les oiseaux . et volent de tous rôles comme eux ; tellement qu'elles étouffent le plaisir que l'âme prend dans la conversation de son bien-aimé, et elles plongent sa volonté dans une mer de tristesse et d'amertume. L'Epoux souhaite donc qu'elles arrêtent leurs mouvements continuels , de peur qu'elles n'empêchent son Epouse d'arriver à l'heureux état où il prétend la conduire.
Lions, cerfs, daims sautants.
L'Epoux entend par les lions l'impétuosité de l'appétit irascible qui est emporté dans ses opérations, comme ces bêtes furieuses : par les cerfs et par les daims, il exprime deux effets différents de l'appétit concupiscible ; l'un de timidité, parce que quand les choses qu'il désire ne lui sont pas commodes, il se resserre en soi-même par la crainte , comme les cerfs fuient ce qu'ils craignent ; l'autre de hardiesse, parce que quand les choses lui sont propres, il y court par l'ardeur de ses désirs , comme les daims courent après les choses qui leur conviennent. Le dessein de l'Epoux est donc de réprimer la colère, la crainte et les désirs qui peuvent inquiéter l'âme, et de donner des douceurs spirituelles à ces puissances, afin qu'en étant contentes, elles soient tranquilles et soumises à la raison.
Montagnes, vallées et rivages.
Ces trois choses marquent les opérations vicieuses de l'entendement, de la mémoire et de la volonté. Les montagnes expriment celles qui sont trop élevées et qui montent jusqu'à l'orgueil; les vallées signifient celles qui sont trop lâches et tropi abjectes. Les rivages sont la figure de celles qui ont quelque chose cle ces deux extrémités , et qui ne
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