‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 417 sur 448 · LETTRES IV ET V · texte numérisé non relu

LETTRES IV ET V

QUATRIÈME LETTRE

A la même mère prieure du courent de Cordoue. Il l'instruit de la manière de gouverner le temporel et le spirituel de sa communauté.

Jésus soit en votre âme, ma Irès-chèrë fille en Jésus-Christ. II faut attribuer la cause de ce que je ne vous ai pas écrit pendant tout' le temps que vous dites, à la distancé des lieux, et non au défaut de volonté. Elle est toujours la même pour vous, et j'espère qu'elle sera toujours la même en Notre-Seigncur. J'ai de la douleur de vos infirmités. Pour ce qui regarde le temporel de voire monastère, je voudrais bien que vous ne vous en missiez pas si fort en peine. 11 est à craindre que Dieu ne l'oublie, et que vous ne tombiez dans une grande pauvreté spirituelle et temporelle, puisque ordinairement le soin que nous prenons des biens de la terre, nous appauvrit. O ma fille abandonnez le soin de votre temporel au Seigneur: sa providence vous fournira ce qui sera nécessaire pour vous nourrir. Car celui qui donne ce qui est plus considérable, donnera sans doute ce qui est moins précieux. Dès le moment que vous ne désirerez pas la pauvreté, vous manquerez de courage, et vous vous relâcherez en la pratique des vertus. Que si vous souhaitiez auparavant d'être pauvre, vous devez, étant prieure le désirer davantage. Vous devez gouverner votre maison plutôt par les vertus et par les désirs des choses célestes que vous inspirerez à vos religieuses , que par le soin des choses terrestres et par les projets que vous ferez pour en acquérir. Car Notre-Seigueur nous avertit de ne pas nous inquiéter de notre nourriture", de nos rèlenients , ni de ce que nous aurons le lendemain. Vous devez seulement faire en sorte, que votre âme et les âmes de vos filles soient unies à Dieu avec toute la perfection possible, et quelles oublient les créatures, afin que vous soyez toutes une même chose en Dieu. Pour le reste, je puis vous en répondre. Je salue toutes les Sœurs en Notre-Seigueur, qui est notre souverain bien , et à qui je demande la grâce de ne vous abandonner jamais. Ainsi soit-il. A Madrid, le vingtième de juin 1590.

Fr. Jean de la Croix.

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