‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 418 sur 448 · CINQUIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LETTRE

A la mère Eléonor de Saint-Gabriel, religieuse carmélite déchaussée du couvent de Cordoue. Il lui enseigne à quitter son pays et ses proches pour faire la volonté de Dieu.

Jésus soit en votre âme, ma fille en Jésus-Christ. Je vous rends grâce de votre lettre, et je remercie Dieu de ce qu'il a voulu se servir de°vous en la fondation de votre couvent. La divine majesté en a usé de la sorte pour vous perfectionner davantage. C;ir plus il veut nous faire de dons, plus il nous en donne les désirs , jusqu'à ce qu'il nous ait dépouillés de toutes choses, et remplis de ses biens célestes. Il vous paiera libéralement les biens que vous avez laissés à Séville pour l'amour de vos sœurs. Parce que, comme les seuls cœurs solitaires et vides de toutes choses peuvent recevoir les biens immenses de Dieu, Nolre- Seigneur veut que vous viviez dans la solitude; il veut vous tenir seul compagnie. Ainsi vous devez vous occuper de lui seul et vous en contenter, afin que vous trouviez en lui seul toute votre consolation. Car quoiqu'une personne soit toujours de pensée dans le ciel, si elle n'applique sa volonté à aimer Dieu, elle ne peut être satisfaite De même, quoique nous soyons toujours en Dieu, si nous attachons notre cœur

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